Nord : MSF porte plainte contre un groupe d’extrême-droite britannique

 Nord : MSF porte plainte contre un groupe d’extrême-droite britannique

Des gendarmes français patrouillent pour empêcher les migrants de monter à bord des bateaux des passeurs qui tentent de traverser la Manche au large de la plage d’Equihen, dans le nord de la France, le 30 juillet 2025. (Photo de Sameer Al-DOUMY / AFP)

Une équipe de Médecins sans frontières (MSF) a été agressée par un groupe d’extrême-droite britannique. L’organisation annonce son intention de porter plainte.

Les faits datent du 5 décembre dernier, près de Grand-Fort-Philippe, sur le littoral Nord. Suite à une maraude médicale auprès de rescapés de tentatives de traversées de la Manche, une équipe MSF a été prise à partie par trois activistes d’extrême-droite se revendiquant du mouvement britannique « Raise The Colours ». Les activistes auraient violemment invectivé les membres de l’organisation.

MSF annonçait, hier (5 mars), son intention de porter plainte pour « diffamation, à la suite de l’agression verbale et de la tentative d’intimidation » subies par son équipe mobile. En outre, certains membres déposeront plainte « pour des faits de violences psychologiques ».

>> A lire aussi : Palestine : les ONG continuent d’œuvrer malgré l’expiration du délai

Interdiction de territoire

Le 14 janvier dernier, Laurent Nuñez, ministre de l’Intérieur annonçait que dix Britanniques avaient désormais interdiction de pénétrer sur le sol français. Ces dix activistes d’extrême-droite du groupe « Raise the Colours », s’étaient rendus coupable d’actions de recherche et destruction d’embarcations utilisées par les personnes migrantes pour traverser la Manche, directement sur les plages du Nord et du Pas-de-Calais, selon le ministère.

La justice française avait ouvert une enquête préliminaire pour « violences aggravées » commises sur des migrants, déjà à Grand-Fort-Philippe, dans la nuit du 9 au 10 septembre. Pour MSF, les interdictions de territoire n’ont que peu d’effets sur le terrain :

« Ces mesures ne sont que temporaires, pourtant les membres de ce mouvement constituent une réelle menace. La protection des personnes exilées, des acteurs associatifs et de l’action humanitaire devrait être la norme et non l’exception ».

Climat délétère

« La répétition de ces actes prend racine dans un climat d’impunité alimenté par des discours et des politiques migratoires qui favorisent la stigmatisation, le rejet et la haine, au détriment de la santé physique et psychologique des personnes exilées », regrettait Camille Niel, cheffe de la mission de Médecins Sans Frontières en France.

L’organisation ne peut que constater une recrudescence « d’intimidations d’actes xénophobes et de discours racistes visant depuis plusieurs mois les personnes exilées et les organisations qui leur viennent en aide sur le littoral Nord de la France ».