Un couple de Français condamné pour avoir rejoint l’État islamique en Syrie

Procès en France d’un couple ayant rejoint l’État islamique en Syrie. (Photo by BULENT KILIC / AFP)
Le couple français formé par Océane Granger et son compagnon Amirouche Belounis a été condamné pour avoir rejoint l’État islamique en Syrie. La djihadiste fait partie des 22 « revenantes » jugées cette année devant la cour spéciale.
Départ vers la Syrie en 2015
Ils font partie des 1 490 départs de France, dont 417 femmes parties majeures, recensés depuis 2012 par les autorités. Le couple a quitté la France avec son bébé en juin 2015 par Paris, pour rallier la Syrie via l’Allemagne, la Lettonie et la Géorgie. Devant la cour, l’accusée reconnaît avoir adhéré au projet de l’EI.
Trajectoire terroriste majeure
Les deux jours de procès ont retracé le parcours de cette adolescente « sage » à l’environnement familial « tendu », selon des experts. A sa majorité, elle se convertit à l’islam puis rencontre en ligne celui qui deviendra son compagnon, Amirouche Belounis. Il est fiché S, déjà formé aux armes au Maghreb. A l’audience, une agente de la DGSI dépeint la « galaxie d’individus » à « la trajectoire terroriste majeure », dans laquelle l’accusé gravite: la filière précurseure des Buttes-Chaumont qui comprenait notamment Chérif Kouachi et Peter Cherif.
Bracelet électronique
Amirouche Belounis a été combattant notamment dans la katiba d’élite Tarek Ibn Ziad, à Routba et Ramadi en Irak, précise la DGSI. Océane Granger restera sur la zone de Raqa jusqu’à 2019 et la chute de Baghouz, l’ultime bastion de l’EI. Elle est rapatriée en octobre 2022 puis est sortie de prison fin mars 2025 sous bracelet électronique. Le reliquat de la peine prononcée, inférieur à deux ans, sera aménagé sous le même régime. La peine est assortie d’un suivi socio-judiciaire de cinq ans.
Remise en cause
La cour a relevé au moment du prononcé du verdict « la gravité des faits » et la durée de sa présence sur zone, mais souligné « une reconnaissance des faits » et un « réel travail de remise en cause ». L’avocate générale avait requis neuf ans d’emprisonnement avec mandat de dépôt différé.
