Au festival Vivier(s), le Maroc dessine la Méditerranée en bulles

Parue en 2023, Drôles de Rêvolutions de Youssouf Amine Elalamy et Yassine Hejjamy incarne l’essor d’une bande dessinée marocaine inventive et résolument tournée vers son époque
À Viviers, le Maroc n’est pas venu seulement présenter des bandes dessinées. Invité d’honneur du festival Vivier(s) de BD, le Royaume a révélé une scène graphique en pleine effervescence, portée par une génération de créateurs qui dessinent la Méditerranée à travers les identités, les parcours et les imaginaires qu’elle fait circuler.
Une première historique pour le festival
Pour sa sixième édition, le festival Vivier(s) de BD a franchi une nouvelle étape de son développement. Organisé les 6 et 7 juin dans les jardins de l’Hôtel de Ville de Viviers, en Ardèche, dans le sud-est de la France, ce rendez-vous dédié au neuvième art a choisi, pour la première fois depuis sa création, de mettre un pays à l’honneur. Un choix qui s’est porté sur le Maroc, témoignant de la place croissante qu’occupe aujourd’hui la création graphique marocaine dans les échanges culturels méditerranéens.
Festival gratuit et ouvert à tous les publics, Vivier(s) de BD a réuni une trentaine d’auteurs venus de plusieurs pays européens ainsi que du Maroc. Dédicaces, expositions, ateliers, rencontres scolaires, battles graphiques et BD-concerts ont rythmé ces deux journées placées sous le signe du dialogue artistique.
Une nouvelle génération de bédéistes à l’honneur
Avec le soutien du Conseil de la communauté marocaine à l’étranger (CCME), quatre artistes marocains ont représenté le Royaume : Aicha Abouhaj, Ibticem Larbi, Meriem Mesfioui et Rakidd. Leurs univers, leurs parcours et leurs sensibilités témoignent de la diversité d’une scène qui ne cesse de se renouveler.
Leur présence a permis de mettre en lumière une bande dessinée marocaine qui explore aussi bien les questions identitaires que les mutations sociales, les récits personnels ou encore les imaginaires contemporains. Une création qui s’affranchit progressivement des frontières traditionnelles pour dialoguer avec les tendances internationales. Le festival a également accueilli la présentation de « Khaliya d’ici et d’ailleurs », un projet de bande dessinée porté conjointement par la Fondation Hiba, la Fondation Al Mada et le CCME.
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La bande dessinée comme pont culturel entre les deux rives
L’invitation du Maroc s’inscrivait aussi dans une réflexion plus large sur les circulations culturelles entre la France et le Royaume. Cette dimension a été au cœur de la rencontre intitulée « Créer entre deux rives », organisée le 7 juin et consacrée aux échanges entre artistes, auteurs et créateurs évoluant dans des espaces culturels multiples.
Au fil des discussions, la bande dessinée est apparue comme un terrain privilégié pour raconter les parcours migratoires, les héritages partagés et les identités plurielles qui caractérisent aujourd’hui les sociétés méditerranéennes. Cette célébration de la création marocaine s’est prolongée au-delà du neuvième art avec la participation du groupe Gnaoua Roots, dont les sonorités ont accompagné les festivités. En consacrant le Maroc comme premier invité d’honneur de son histoire, Vivier(s) de BD a ainsi offert une vitrine à une scène en pleine affirmation qui se présente désormais comme l’un des visages les plus dynamiques de la création graphique méditerranéenne contemporaine.
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