Procès policier dans les Yvelines : l’affaire Olivio Gomes

 Procès policier dans les Yvelines : l’affaire Olivio Gomes

Policier de la BAC de nuit en patrouille à Paris en octobre 2020, illustration du procès d’un agent jugé pour le meurtre d’Olivio Gomes dans les Yvelines. © THOMAS COEX / AFP

Un procès policier dans les Yvelines s’ouvre ce 20 mars devant la cour d’assises, où un agent de la BAC parisienne est jugé pour le meurtre d’Olivio Gomes, tué en 2020 après une filature nocturne.

Les faits : filature nocturne et refus d’obtempérer

Dans la nuit du 16 au 17 octobre 2020, la voiture d’Olivio Gomes est prise en filature sur le périphérique parisien puis sur l’A13 par un équipage de la brigade anticriminalité de nuit parisienne jusqu’en bas de chez lui à Poissy, dans les Yvelines.

À l’arrière du véhicule noir siglé « police » se trouve Gilles G., 29 ans, accompagné de deux autres collègues. Pendant plusieurs kilomètres, l’équipage suit discrètement la voiture d’Olivio Gomes, sans activer ni gyrophare, ni sirène, après avoir été doublé par celle-ci.

Au bout d’un quart d’heure, les policiers font signe à la voiture de quitter l’autoroute, mais le conducteur ne s’exécute pas immédiatement. À cet égard, « le refus d’obtempérer est caractérisé », estime la juge d’instruction.

L’équipage de la BAC ignore alors que le conducteur a confié aux autres passagers ne pas vouloir s’arrêter parce qu’il conduit sans permis. Des analyses montreront qu’il avait par ailleurs consommé du cannabis et de l’alcool.

Version du policier contestée par l’enquête

Entendus au début de l’enquête par l’Inspection générale de la police nationale, les policiers ont expliqué avoir voulu contrôler le véhicule en raison d’une conduite dangereuse, décrivant « des embardées entre les voies au milieu d’une circulation importante ».

Mais leur version a été contredite par la vidéosurveillance, dont l’exploitation a permis de démontrer qu’aucune infraction n’avait été commise.

La voiture d’Olivio Gomes emprunte la sortie suivante et poursuit sa route jusqu’en bas de chez lui, dans la cité Beauregard à Poissy. En bas de sa résidence, il s’arrête. Gilles G. sort du véhicule siglé et pointe son arme dans sa direction. La voiture redémarre. Le policier tire alors à trois reprises et perfore les deux poumons et l’aorte thoracique du jeune homme.

Tout au long de l’enquête, Gilles G. a affirmé avoir « tiré pour protéger sa vie », niant toute intention homicide. Selon lui, Olivio Gomes aurait tenté de l’écraser en redémarrant sa voiture. Mais des expertises judiciaires ont mis à mal sa version. Le verdict de ce procès policier dans les Yvelines est attendu le 26 mars.

 

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