« Traces sur Rivages » : dix ans de création au fil des ailleurs

Nourra Mennani, originaire de Fès, a grandi entre deux horizons ; peintre et enseignante en arts plastiques
À Fondation Hassan II pour les Marocains résidant à l’étranger, l’art ne se contente pas d’être montré : il relie, il prolonge, il rassemble. À Rabat, dans l’atmosphère feutrée d’Espace Rivages, cette vocation s’incarne depuis 2016, faisant de ce lieu discret un véritable point de rencontre pour les artistes marocains établis au-delà des frontières.
Avec l’exposition collective « Traces sur Rivages », qui sera présentée du 26 mars au 25 avril 2026, la fondation célèbre dix années de création, mais aussi de fidélité à une idée simple et essentielle : maintenir vivant le lien entre les créateurs de la diaspora et leur pays d’origine. Plus qu’un retour en arrière, l’exposition esquisse une mémoire en mouvement, faite de rencontres, de passages et de résonances.
Pour marquer cette décennie, près de soixante artistes sont réunis, tous passés par l’Espace Rivages au fil des ans. Installés en France, en Allemagne, en Belgique, aux Pays-Bas, en Italie, en Espagne, mais aussi au Canada, aux États-Unis ou dans les pays du Golfe. Depuis ces territoires, ils dessinent ensemble une cartographie sensible, presque intime, de la création marocaine contemporaine.
Mémoire, déplacement et influences multiples
Entre artistes confirmés et jeunes talents, l’exposition déploie une diversité de pratiques — peinture, arts plastiques, formes hybrides — où se mêlent art, mémoire et déplacement. Chaque œuvre porte en elle une part d’ailleurs, une trace d’exil ou de circulation, mais aussi un attachement persistant au Maroc. Les influences s’y croisent, les identités s’y recomposent, donnant naissance à des formes nouvelles, à la fois enracinées et ouvertes.

À travers cette exposition, la Fondation Hassan II pour les Marocains résidant à l’étranger réaffirme son rôle essentiel de passerelle. « Traces sur Rivages » devient alors plus qu’une rétrospective, mais une mémoire vivante, en constante évolution, où la création des artistes marocains du monde continue d’élargir les contours d’une identité plurielle.
Parmi les artistes présents à l’exposition, Nourra Mennani et Salman Ezzammoury incarnent chacun à leur manière cette mémoire en mouvement.
Nourra Mennani, née à Bruxelles de parents originaires de Fès, a grandi entre deux horizons ; peintre et enseignante en arts plastiques, elle doit en partie son engagement artistique à son père, photographe amateur, qui a su très tôt nourrir son regard et son intuition.
Salman Ezzammoury, né en 1959 à Tétouan et installé aux Pays-Bas, se distingue par une pratique résolument multidisciplinaire : photographie, peinture, création numérique, graphisme, sérigraphie, mais aussi poésie et musique. Son œuvre, profondément attentive à la terre et aux hommes, traverse les médiums pour traduire une sensibilité singulière, où l’observation et l’émotion se fondent en une création riche et multiple.

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