Mon Oriental : road-movie et quête identitaire au Maroc

Affiche du film Mon Oriental, road-movie co-réalisé par Khalid et Jawed Zaouche au Maroc
Entre carnet de voyage et quête intime, Mon Oriental donne à voir bien plus qu’un territoire. Il explore une mémoire, une filiation, un sentiment d’appartenance. Depuis cette région aux confins nord-est du Maroc, paysages et rencontres font écho à l’histoire personnelle de ses auteurs. Sélectionné au Festival de télévision de Monte-Carlo en juin prochain, le film sera présenté en avant-première parisienne le 2 avril (dix places à gagner).

C’est un road-movie où les paysages réveillent les souvenirs enfouis. De Oujda à l’oasis de Figuig, en passant par les rivages de Saïdia, le film suit un chemin à la fois géographique et intime. Réalisé à quatre mains par Khalid Zaouche et son neveu Jawad Zaouche, il naît d’un désir profond : retisser les liens entre les générations et rendre hommage aux parents disparus.
La caméra capte la beauté des lieux, mais prend aussi le temps de s’attarder, d’écouter et de s’égarer pour mieux saisir l’âme du territoire à travers ceux qui y vivent. « Dès le départ, nous avons opté pour une caméra intime, embarquée dans la vie des gens, captant leur essence au-delà des mots », explique Jawad Zaouche.
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Le voyage se construit par étapes, comme autant d’escales révélant les multiples facettes d’une même région. Oujda d’abord, ville-carrefour où se mêlent cultures et effluves de brochettes. Puis Saïdia, perle bleue posée sur la Méditerranée. Cap de l’Eau, Fezouane et ses plaines chargées d’histoire, Tafoughart… avant d’atteindre la verdoyante Figuig, oasis aux portes du désert.
Mais ce sont surtout les rencontres qui donnent au film toute sa profondeur. Au détour d’un chemin, un berger devient philosophe du quotidien. Berger le jour, pêcheur à l’aube, il résume en quelques mots une sagesse universelle :« Avec ou sans pluie, avec ou sans argent, avec ou sans matériel, on se débrouille, on fait en sorte de vivre. »
Au fil du voyage, Mon Oriental dépasse le simple carnet de route. Il devient une quête intime, une réconciliation avec un territoire, une mémoire familiale et, peut-être, avec soi-même.
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Khalid Zaouche : « Un film pour renouer les liens entre les générations »
À l’approche de son avant-première parisienne le 2 avril, le réalisateur revient sur les coulisses de ce projet profondément personnel.
LCDL : Quel a été le déclic pour réaliser ce film ?
Khalid Zaouche : L’idée est née lors d’un dîner de famille. Bien que j’aie fait carrière dans la santé, la culture reste mon premier métier. J’ai été comédien pendant dix ans, puis directeur de production.
En échangeant avec mon neveu, Jawad, nous avons compris que nos regards sur notre histoire commune se complétaient. Lui avec l’énergie de sa génération, moi avec une envie de transmission. Il m’a lancé le défi de réaliser ce road-movie.
Grâce à mon expérience, nous avons pu lancer rapidement cette autoproduction avec une équipe réduite. Six mois après ce dîner, nous tournions dans l’Oriental. Une aventure qui s’est révélée être un moyen de retisser les liens entre les générations.
Ce film est aussi un voyage intérieur. Qu’est-ce qu’il vous a apporté ?
C’est une traversée sensorielle et poétique de souvenirs réveillés par les paysages. Au-delà du retour aux sources, c’est un hommage à mes parents disparus. Il m’a permis de me sentir « Marocain à 100 % » après trente ans à parcourir le monde.
Sur le plan humain, cette expérience a renforcé ma relation avec mon neveu et profondément ému ma famille. J’ai ressenti cette émotion étrange : retrouver quelque chose de familier dans ce qui me semblait étranger, comme comprendre une langue sans la parler. Ce voyage m’a réconcilié avec une part de moi-même et m’a même donné envie de m’installer définitivement au Maroc.

Quel message souhaitez-vous transmettre ?
Je veux montrer que l’Oriental est une terre d’opportunités, magnifique mais encore sous-exploitée, avec une diversité exceptionnelle entre mer et montagne.
J’aimerais que le spectateur retienne la lumière chaude et mélancolique de la région, ainsi que l’hospitalité de ses habitants. Une scène résume cet esprit : celle d’un pêcheur partageant sa maigre prise avec un chat — « je n’ai rien, mais je te donne d’abord ».
Le titre Mon Oriental revendique d’ailleurs une appartenance intime. C’est un territoire que je porte en moi et que je souhaite continuer à explorer dans un second volet, autour de l’identité amazighe et des perspectives pour les Marocains du monde.
🎫 Dix places à gagner pour l’avant-première du 2 avril
📧 Pour y assister, envoyez un mail à : [email protected]
Objet : COURRIER ATLAS – MON ORIENTAL
📍Séance à 20h au Cinéma Le Brady, 39 boulevard de Strasbourg, 75010 Paris

