Loi Yadan: un texte très contesté, la pétition dépasse le demi-million de signatures

À Paris, des manifestants dénoncent la loi Yadan et appellent les députés à rejeter le texte. Capture d’écran
La pétition appelant au rejet de la proposition de loi Yadan visant à contrer les « formes renouvelées » d’antisémitisme a dépassé les 600 000 signatures et vise désormais le million.
Un seuil symbolique, qui ouvre la possibilité d’organiser un débat, sans vote, dans l’hémicycle. Ce texte apparaît désormais plus que jamais fragilisé à quelques jours de son examen à l’Assemblée nationale.
Portée par la députée Renaissance Caroline Yadan, élue des Français de l’étranger incluant Israël, la proposition entend lutter contre les « formes renouvelées » d’antisémitisme, notamment celles pouvant se dissimuler derrière l’antisionisme.
Présenté comme une réponse à la hausse des actes antisémites depuis le 7 octobre 2023, le texte cristallise toutefois de fortes oppositions.
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Retrait en vue ?
Les socialistes ont annoncé qu’ils voteraient contre en séance, rompant avec leur abstention en commission en janvier.
Le MoDem a également exprimé des réserves, plaidant pour un retrait temporaire du texte de l’ordre du jour.
Dans ce contexte, l’équilibre politique apparaît incertain, d’autant que la proposition n’avait été adoptée que de justesse en commission, grâce aux voix du bloc central et de l’extrême droite.
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Acte de résistance
Le texte prévoit de renforcer la répression des infractions de provocation et d’apologie du terrorisme, en interdisant notamment leur présentation comme un acte de résistance.
Il introduit aussi un nouveau délit visant les appels à la destruction d’un État, passible de cinq ans d’emprisonnement et de 75 000 euros d’amende.
Ces dispositions suscitent de vives critiques, en particulier à gauche, où l’on dénonce un risque pour la liberté d’expression et un possible amalgame entre les juifs et Israël.
L’examen du texte est prévu les 16 et 17 avril. À mesure que la mobilisation enfle, le débat s’annonce intense.
