Grignywood met à l’abri les femmes victimes de violences

 Grignywood met à l’abri les femmes victimes de violences

Soirée de lancement du projet Phénix, vendredi 10 avril 2026, consacrée à l’hébergement d’urgence des femmes victimes de violences. Photo : DR

L’association Grignywood veut mobiliser sur la question de l’hébergement d’urgence des victimes. Elle souhaite voir développer son projet Phénix à l’échelle nationale.

« On ne peut pas se reconstruire lorsque l’on n’a pas de toit. On veut leur proposer un espace de sécurité physique », explique Naïma Boubakeur, à la tête de l’initiative Malowa, qui accompagne les femmes dans leur processus de séparation d’un conjoint violent.

Initiative partenaire de l’association Grignywood, ancrée à Grigny dans l’Essonne depuis vingt ans, qui a organisé vendredi soir, au Palais du Luxembourg, la soirée de lancement du projet « Phénix ». Un projet dont le but est de trouver des solutions rapides et concrètes en matière d’hébergement d’urgence pour les femmes victimes de violences.

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Connexions pour les femmes victimes de violences

Ce projet est né d’« une histoire bouleversante vécue par un membre de notre équipe ». « Lorsque l’on a voulu aider cette femme, on s’est senti démuni », avoue Forbes Dawson. « Notre association n’a pas beaucoup de talents, mais on sait faire des connexions », ironise-t-il.

Et les connexions se sont faites ce soir-là au Sénat. Étaient présents des représentants de fondations, des collectivités territoriales telles que la région Île-de-France, des élus, des sénateurs, mais aussi des journalistes et des influenceuses telles que Camille Aumont-Carel ou Rose Ameziane.

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Des dispositifs encore insuffisants

Le projet Phénix existe déjà dans le département de l’Essonne comme projet pilote. Plusieurs appartements sont mis à la disposition des femmes victimes de violences. Des « tiny houses » sont sur le point de sortir de terre.

L’idée est d’en faire un modèle réplicable à l’échelle nationale et même d’aller plus loin en imposant aux municipalités un taux de logements disponibles pour ces victimes.

Et l’urgence est bien réelle. En Île-de-France, en 2023, on dénombrait environ 2 800 places d’hébergement d’urgence dédiées aux femmes victimes de violences.

C’est largement insuffisant au regard des chiffres des violences dans la région : en Seine-Saint-Denis, le taux atteint 14 femmes victimes pour 1 000 habitantes. Pour l’Essonne et le Val-d’Oise, il est respectivement de 11,2 et 10,8 victimes pour 1 000 habitantes. À Paris, ce taux est de 6,8 femmes victimes pour 1 000 habitantes.

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