Relations France-Algérie : « Renouer la confiance »

Le ministre algérien de la Justice Lotfi Boudjemaa accueille son homologue français Gérald Darmanin à Alger, le 18 mai 2026. (Photo : AFP)
La visite en Algérie de Gérald Darmanin, ministre de la Justice, a été l’occasion de montrer la volonté des deux pays de poursuivre sur la voie de la reprise de la coopération.
« Renouer la confiance entre deux pays qui se respectent, la France et l’Algérie », c’est le message principal mis en avant par Gérald Darmanin dans une allocution à l’issue de sa visite en Algérie, hier (18 mai). Le ministre français de la Justice déclarait avoir pu échanger longuement avec le président algérien, Abdelmadjid Tebboune.
Depuis le début de l’année, les signes d’une volonté commune des deux pays de sortir de la crise diplomatique se multiplient et commencent à déboucher sur des actions concrètes.
Réouverture de plusieurs dossiers
Hier, le garde des Sceaux français a rencontré son homologue algérien et s’est félicité d’une reprise progressive de la coopération judiciaire entre les deux pays. Une série de réunions fructueuses, comme le confirmait Gérald Darmanin dans un long message partagé sur X :
« À Alger, nous avons tenu, avec (…) Lotfi Boudjemaa, plusieurs réunions de travail, en présence de hauts magistrats français, pour relancer notre coopération judiciaire (…) Nous avons notamment abordé la question de la criminalité organisée, singulièrement le dossier de la DZ Mafia, les biens mal acquis ou encore des dossiers individuels comme celui de notre compatriote Christophe Gleizes. »
Le journaliste français, arrêté dans le cadre d’un reportage en mai 2024 et condamné à sept ans de prison pour « apologie du terrorisme », continue d’espérer une grâce présidentielle.

Reprise des expulsions
Autre signe du réchauffement des relations entre les deux pays : depuis février 2026, l’Algérie a délivré 150 laissez-passer consulaires, selon les chiffres du ministère de l’Intérieur. Un signe d’autant plus significatif que ce sont les prises de position très fermes de l’ancien ministre de l’Intérieur, Bruno Retailleau, qui avaient alimenté les tensions entre les deux pays.
Si bien qu’entre avril 2025 et février 2026, aucun Algérien n’avait été expulsé. En octobre 2025, Laurent Nuñez a succédé à Bruno Retailleau et s’est d’emblée positionné en faveur d’une reprise des échanges avec Alger.
Le 16 février dernier, à la suite de sa rencontre avec le président algérien, Abdelmadjid Tebboune, le ministre de l’Intérieur annonçait que les deux pays étaient parvenus à « réenclencher un dispositif de coopération sécuritaire de très haut niveau ».
Dimanche (17 mai), dans un entretien à La Tribune, Laurent Nuñez indiquait que son homologue algérien, Saïd Sayoud, se rendrait à Paris dans « quelques jours ».
