Migration : le Parlement européen vote le règlement sur les hubs de retour

Le Parlement européen vote un règlement sur les « hubs de retour » dans le cadre de la politique migratoire de l’Union européenne. © FREDERICK FLORIN / AFP
Les eurodéputés se penchent aujourd’hui sur les « hubs de retour », un dispositif au cœur de la politique migratoire européenne, destiné à organiser le retour des migrants déboutés du droit d’asile. Un texte controversé qui divise profondément les institutions et les États membres.
Les détracteurs de ce texte le considèrent comme une illustration de la convergence entre droite et extrême droite sur un thème sensible dans l’opinion.
La loi prévoit une batterie de mesures pour accélérer les expulsions et limiter les recours lorsqu’une demande de protection est refusée. Elle permet aux États membres qui le souhaitent d’installer des centres en dehors de l’Europe pour y renvoyer les exilés déboutés.
Ce sont les fameux « hubs de retour ». Cette perspective est très attendue par plusieurs pays, dont la Grèce, qui espère disposer d’une telle structure dès 2027.
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20 % de retours
Ce nouveau durcissement de la politique migratoire de l’UE a fait l’objet, il y a deux semaines, d’un accord entre les Vingt-Sept et les eurodéputés. Il doit néanmoins encore franchir l’étape de la validation par un vote en séance plénière au Parlement, prévu à la mi-journée à Strasbourg.
Aujourd’hui, dans l’Union européenne, environ 20 % des décisions d’expulsion des étrangers en situation irrégulière aboutissent réellement à un retour, une statistique très critiquée par les partisans d’une ligne migratoire plus ferme.
Sous pression pour serrer la vis, la Commission européenne a donc présenté il y a un an un texte visant à augmenter le nombre d’expulsions, au grand dam des élus de gauche et des ONG de défense des droits humains.
Ceux-ci ont fait valoir que la création de hubs de retour hors de l’UE comportait de graves risques de violation des droits. Amnesty International a dénoncé une « extension des mesures punitives et restrictives » risquant de « plonger davantage de personnes dans des situations précaires ».
