2 députés rappelés à l’ordre pour des propos sur le racisme

La députée La France insoumise Élise Leboucher intervient lors d’une séance consacrée au projet de loi de financement de la Sécurité sociale (PLFSS) à l’Assemblée nationale, à Paris, le 5 novembre 2025. © Thibaud Moritz / AFP
Le Bureau de l’Assemblée nationale a infligé un rappel à l’ordre aux députés Élise Leboucher et Benjamin Lucas-Lundy après avoir qualifié de « racistes » et de « xénophobes » des élus soutenant une proposition de loi sur les mariages d’étrangers.
En bref
- Deux députés ont été sanctionnés par le Bureau de l’Assemblée nationale.
- Élise Leboucher et Benjamin Lucas-Lundy ont reçu un rappel à l’ordre.
- Ils avaient qualifié de « racistes » et de « xénophobes » des élus soutenant une proposition de loi.
- Andy Kerbrat a également été rappelé à l’ordre par courrier.
- Il invoque la jurisprudence liée à la relaxe de Jean-Luc Mélenchon en 2014.
Deux députés rappelés à l’ordre à l’Assemblée nationale
Le bureau de l’Assemblée nationale rappelle à l’ordre Élise Leboucher (LFI) et Benjamin Lucas-Lundy (Écologiste).
Le 25 juin, dans l’hémicycle, les échanges se sont rapidement envenimés. Les deux députés ont qualifié de « xénophobes » et de « racistes » les élus ayant soutenu une proposition de loi permettant aux maires d’exiger des futurs mariés étrangers des éléments attestant de leur régularité sur le territoire.
Ce texte était examiné lors de la journée réservée aux propositions du groupe UDR, le parti d’Éric Ciotti allié au Rassemblement national.
Après plusieurs heures de débats, Élise Leboucher a qualifié les élus de droite et d’extrême droite soutenant ce texte de « xénophobes ». Le vice-président Christophe Blanchet (MoDem), qui présidait la séance, a immédiatement prononcé un rappel à l’ordre.
Dans la foulée, Benjamin Lucas-Lundy a pris la parole : « Oui, ceux qui défendent un texte xénophobe et raciste sont probablement xénophobes et racistes ! » Avant d’ajouter : « Sanctionnez-nous tant que vous voulez ! »
Des propos sur le racisme au cœur des sanctions
Le Bureau de l’Assemblée nationale s’est réuni mercredi. Il a décidé de sanctionner les deux députés d’un rappel à l’ordre, la plus légère des quatre sanctions disciplinaires prévues par le règlement.
Les élus de gauche se sont opposés à cette décision, tandis que les autres membres du Bureau ont voté en faveur de la sanction.
D’autres députés, comme la présidente du groupe écologiste Cyrielle Chatelain, ont également tenu des propos similaires, sans être sanctionnés.
Par ailleurs, le député LFI Andy Kerbrat a publié sur X un courrier adressé par la présidente de l’Assemblée nationale. Yaël Braun-Pivet lui demande de s’abstenir de proférer des invectives. Elle lui reproche d’avoir traité un député UDR de « raciste » et de « fasciste » lors d’une réunion de la commission des lois, le 17 juin.
Selon la présidente de l’Assemblée, il s’agit d’« insultes inacceptables » qui « n’ont pas leur place dans notre Assemblée ».
Andy Kerbrat invoque la relaxe de Jean-Luc Mélenchon
Andy Kerbrat a réagi en assumant pleinement ses propos.
« Je persiste et signe : l’UDR (…) est un parti de fascistes et de racistes. Ce n’est pas une insulte, mais une qualification politique », a-t-il affirmé.
Pour justifier sa position, le député s’appuie sur la relaxe prononcée en 2014 par le tribunal correctionnel de Paris en faveur de Jean-Luc Mélenchon.
Le tribunal correctionnel de Paris a relaxé Jean-Luc Mélenchon en 2014 après qu’il eut qualifié Marine Le Pen de « fasciste ». Les juges ont estimé que, dans le cadre d’un débat politique, l’emploi de ce terme ne constituait pas une injure entre adversaires politiques.
Vos questions sur les députés sanctionnés
Pourquoi le bureau sanctionne-t-elle deux députés ?
Le Bureau de l’Assemblée nationale leur reproche d’avoir qualifié de « racistes » et de « xénophobes » des députés soutenant une proposition de loi sur les mariages d’étrangers.
Quelle sanction ont-ils reçue ?
Ils ont écopé d’un rappel à l’ordre, la plus légère des sanctions disciplinaires prévues par le règlement de l’Assemblée nationale.
Qui sont les députés concernés ?
Il s’agit d’Élise Leboucher (LFI) et de Benjamin Lucas-Lundy (Écologiste).
Pourquoi Andy Kerbrat cite-t-il Jean-Luc Mélenchon ?
Le député écologiste s’appuie sur une décision de justice de 2014 ayant relaxé Jean-Luc Mélenchon après qu’il eut qualifié Marine Le Pen de « fasciste », afin de défendre l’usage de ce terme dans le débat politique.
