Route migratoire atlantique : drame au large de la Mauritanie

 Route migratoire atlantique : drame au large de la Mauritanie

Illustration – Une pelleteuse évacue des corps de migrants après un naufrage au large de la Mauritanie, sur une plage près de Nouakchott, le 24 juillet 2024. © Med LEMIN RAJEL / AFP

Le naufrage d’une embarcation de personnes migrantes a fait une centaine de morts au large de la Mauritanie. Moins médiatisée, la route migratoire atlantique de l’Afrique de l’Ouest reste particulièrement meurtrière.

En bref

  • Au moins 144 personnes sont mortes ou portées disparues au large de la Mauritanie.
  • L’embarcation transportait environ 180 migrants partis de Gambie.
  • La route atlantique vers les Canaries s’étend sur plus de 1 600 kilomètres.
  • Le HCR recense 4 400 arrivées aux Canaries depuis le début de l’année.
  • L’OIM et le HCR appellent à agir sur les causes des départs et à développer des voies de migration sûres.

Au moins 144 personnes sont mortes ou portées disparues à la suite du naufrage d’une embarcation de migrants au large de la Mauritanie.

Trente-huit survivants ont été secourus le 18 juillet par les garde-côtes mauritaniens, près de Nouadhibou. Selon leurs témoignages, l’embarcation, qui transportait environ 180 personnes, avait quitté la Gambie avec l’espoir de rejoindre les îles Canaries (Espagne). Après 25 jours en mer, les rescapés ont finalement été secourus.

Sylvia Ekra, directrice régionale de l’Organisation internationale pour les migrations (OIM) pour l’Afrique de l’Ouest et centrale, a déploré cette nouvelle tragédie : « Chaque vie perdue sur cette route est une vie de trop. Mes pensées accompagnent (…) les survivants qui ont enduré une épreuve inimaginable ».

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Une route migratoire longue et particulièrement dangereuse

Depuis le début de l’année, 168 personnes migrantes ont perdu la vie sur cette route migratoire atlantique de l’Afrique de l’Ouest. Ce périple représente plus de 1 600 kilomètres entre la Gambie et les Canaries.

L’Agence des Nations unies pour les réfugiés (HCR) rappelle la dangerosité de cet itinéraire : « Les longues distances, les conditions océaniques imprévisibles, les embarcations surchargées et peu sûres ainsi que les difficultés d’accès à des secours rapides expliquent cette dangerosité ».

Toutefois, l’agence onusienne note une baisse du nombre d’arrivées enregistrées aux îles Canaries : 4 400 depuis le début de l’année, contre 11 575 sur la même période en 2025.

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Agir sur les causes des départs

Pour enrayer cette vague de départs dans des conditions extrêmement dangereuses, le HCR préconise la mise en place d’actions structurantes : « Il est nécessaire de déployer des efforts concertés pour s’attaquer aux causes profondes qui poussent les réfugiés et les migrants à entreprendre ces voyages périlleux. »

Sylvia Ekra, de l’OIM, partage cette analyse : « Nous avons besoin d’une coopération renforcée tout au long de la route (…) avec un investissement accru dans la protection, des opportunités plus proches de chez soi et un accès élargi à des voies de migration sûres et régulières. »

En 2026, les opérations de sauvetage menées près de Nouadhibou et de Nouakchott ont permis de secourir 2 147 personnes.

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Vos questions sur la route migratoire atlantique de l’Afrique de l’Ouest

Pourquoi la route migratoire atlantique est-elle considérée comme dangereuse ?

En raison des longues distances, des conditions océaniques imprévisibles, des embarcations souvent surchargées et des difficultés d’intervention des secours.

Quel était le trajet de l’embarcation naufragée ?

Le bateau avait quitté la Gambie et tentait de rejoindre les îles Canaries, en Espagne.

Combien de personnes ont été victimes du naufrage ?

Au moins 144 personnes sont mortes ou portées disparues, tandis que 38 survivants ont été secourus.

Le nombre d’arrivées aux Canaries est-il en hausse ?

Non. Le HCR indique une baisse des arrivées : 4 400 en 2026 contre 11 575 sur la même période en 2025.

Quelles solutions avancent les organisations internationales ?

Le HCR et l’OIM plaident pour une coopération renforcée, davantage de protection et des voies de migration légales et sûres.

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Charly Célinain

Charly Celinain est journaliste pour la rédaction web du Courrier de l’Atlas. Il participe à la production d’articles et réalise des vidéos d’actualité et de décryptage pour le site et les réseaux sociaux du média.