Chiffre de la semaine : victoire historique de l’extrême droite allemande à 44% en Saxe-Anhalt

 Chiffre de la semaine : victoire historique de l’extrême droite allemande à 44% en Saxe-Anhalt

Ulrich Siegmund, tête de liste de l’AfD en Saxe-Anhalt, prend un selfie avec la presse à Berlin, le 7 septembre 2026, au lendemain des élections régionales. © Odd ANDERSEN / AFP

L’Alternative pour l’Allemagne (AfD) est devenue aux législatives de 2025 le premier parti d’opposition du pays. Dimanche dernier, cette formation antimigrants, russophile et pro-Trump a confirmé sa place sur l’échiquier politique du pays : elle a revendiqué une victoire historique aux élections en Saxe-Anhalt, cette région pauvre d’ex-RDA de 2,1 millions d’habitants. C’est un camouflet pour le chancelier conservateur Friedrich Merz.

En bref

  • L’AfD a recueilli 44 % des suffrages en Saxe-Anhalt.
  • Le parti d’extrême droite devance largement la CDU, à 18,5 %.
  • L’AfD pourrait obtenir 39 sièges sur les 42 nécessaires pour une majorité absolue.
  • Une victoire historique qui pourrait permettre à l’AfD de diriger un Land allemand.
  • Le RN français n’a pas réagi officiellement au scrutin.

 


Jamais depuis 1945

L’AfD a recueilli 44% des suffrages exprimés selon des résultats non définitifs publiés lundi matin. Elle doit donc attendre pour savoir si elle dirigera ce Land.

Le parti d’extrême droite fondé en 2013 devance largement les conservateurs (CDU) crédités de 18,5%, selon les sondages réalisés à la sortie des bureaux de vote.

Si ces scores se confirment, l’extrême droite obtiendrait 39 sièges au parlement régional, alors qu’il en faut 42 pour la majorité absolue.

Cette victoire en Saxe-Anhalt pourrait prendre une dimension encore plus historique si l’AfD rafle la majorité absolue des élus, car jamais depuis 1945 une formation de droite radicale n’a dirigé de région allemande.

Si ce parti gouverne, il a promis de multiplier les expulsions d’étrangers, de modifier les programmes scolaires d’histoire, trop centrés à son goût sur la culpabilité de l’Allemagne du IIIe Reich ou encore de sortir de l’audiovisuel publique allemand, jugé anti-AfD.

 

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Silence du RN

En France, les réactions ont été nombreuses. « Catastrophique démonstration de l’aveuglement des politiques européennes centristes », a fustigé Jean-Luc Mélenchon sur X.

« Ce n’est plus un avertissement. C’est un ordre de mobilisation générale qu’il faut lancer », a déploré le Premier secrétaire du PS, Olivier Faure. Le chef de file du parti présidentiel Renaissance Gabriel Attal a qualifié ce résultat de « vrai signal d’alarme ».

A l’extrême droite française, la résonnance est assez mitigée. Eric Zemmour parle « d’heure de vérité ».

Alors que le Rassemblement national n’a pas réagi à la victoire historique de son ancien partenaire. Précédemment, le président du parti Jordan Bardella avait affirmé : « un certain nombre de désaccords nous ont amenés à prendre nos distances avec l’AfD ».

 

 

 

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Chloé Juhel

Chloé Juhel fait partie de la rédaction web du Courrier de l’Atlas. Elle participe à la production d’articles d’actualité et au développement des contenus numériques du média.