Procès sur le naufrage de migrants : les sauveteurs se contredisent

 Procès sur le naufrage de migrants : les sauveteurs se contredisent

L’avocat français Matthieu Chirez (au premier plan, 2e à gauche) arrive avec des proches de victimes pour le procès des 14 passeurs présumés, jugés pour la mort de 31 migrants dans la Manche en 2021, au tribunal judiciaire de Paris, le 8 septembre 2026. © SIMON WOHLFAHRT / AFP

Quatorze passeurs sont jugés à Paris pour le pire naufrage dans la Manche, en 2021. Les investigations révèlent des contradictions dans les versions des sauveteurs.

 

Comment une trentaine de migrants ont pu périr en mer par une nuit de novembre 2021 malgré des appels de détresse aux secours ? Dans cette affaire, sept militaires sont entendus.

Depuis 2023, ils ont été mis en examen pour ne pas avoir porté assistance aux naufragés. Il s’agit de cinq personnels du centre régional de surveillance et sauvetage et deux marins d’un patrouilleur.

 

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Pas de consigne d’agir

L’une des militaires poursuivies était une jeune opératrice de la Marine nationale au moment des faits. C’est elle qui avait répondu aux appels des migrants. Elle leur avait assuré qu’un secours leur serait envoyé « as soon as possible » car il fallait, selon elle, « libérer les lignes ».

Autre mis en examen : un officier de permanence la nuit des faits conteste cette théorie : « En aucun cas, la hiérarchie du centre régional donne ce genre de consigne, ça n’a pas de sens de libérer des lignes ». Pourquoi, lui, n’a-t-il pas donné la consigne d’agir? Il affirme ne pas avoir eu l’information.

 

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Eaux anglaises

Les investigations cherchent à déterminer qui disposait des informations sur la position et les difficultés de l’embarcation, à partir des cartes et des logiciels utilisés.

Les militaires sont soupçonnés d’avoir attendu que le canot passe dans les eaux anglaises pour que les services britanniques s’en occupent.

La jeune opératrice de la Marine affirme avoir fait part à ses supérieurs de son incompréhension face à l’absence d’envoi de secours, ce qu’ils nient.

Au moins 31 personnes, dont une fillette de 7 ans, ont disparu la nuit du 23 au 24 novembre 2021, dans le naufrage de leur bateau entre les eaux françaises et britanniques.

Parmi les familles endeuillées, certaines n’ont jamais récupéré le corps de leur proche, disparu dans la Manche.

 

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Chloé Juhel

Chloé Juhel fait partie de la rédaction web du Courrier de l’Atlas. Elle participe à la production d’articles d’actualité et au développement des contenus numériques du média.