FIFFS 2026 : à Salé, les récits de femmes voyagent loin

Lamar Faden, qui interprète Janna dans Hijra de Shahad Ameen, a reçu, à seulement 12 ans, le Prix d’interprétation féminine ex æquo au FIFFS 2026.
Le Festival international du film de femmes de Salé a couronné « Hijra », road-movie familial de la Saoudienne Shahad Ameen. Derrière le Grand Prix, le palmarès dessine une édition largement tournée vers les questions de transmission, de liberté et d’émancipation.
En bref
- Grand Prix : « Hijra » de Shahad Ameen, Arabie saoudite
- Prix spécial du jury : « Calle Málaga » de Maryam Touzani, Maroc
- Prix de la première œuvre : « Shana » de Lila Pinell, France
- Grand Prix documentaire : « La Cour des grands » de Hind Bensari, Maroc
- Meilleure interprétation féminine : Khayriya Nazmi et Lamar Faden pour « Hijra »
- Meilleure interprétation masculine : Patrick Hivon pour « Amour apocalypse »
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Une grand-mère, deux générations et une disparition
Le Grand Prix revient à « Hijra », deuxième long métrage de la réalisatrice saoudienne Shahad Ameen.
Le film suit Janna, 12 ans (Lamar Faden), sa sœur aînée rebelle Sarah (Raghad Bokhari) et leur grand-mère Sitti (Khairia Nazmi) sur la route de La Mecque. Lorsque Sarah disparaît, le voyage religieux se transforme en quête à travers l’Arabie saoudite, faisant ressurgir des secrets familiaux enfouis.
À travers ce périple, Shahad Ameen confronte deux générations de femmes. Sitti appartient à un monde marqué par les traditions, tandis que Janna découvre une autre manière de regarder sa famille et son pays.
Présenté à la Mostra de Venise en 2025, le film avait déjà retenu l’attention pour son regard sur les relations entre générations et sur une Arabie saoudite rarement montrée sous cet angle.

Maryam Touzani repart avec le Prix spécial
Le cinéma marocain s’invite lui aussi dans le palmarès. Maryam Touzani reçoit le Prix spécial du jury pour « Calle Málaga », son troisième long métrage.
Le film met en scène Carmen Maura dans le rôle de María Ángeles, une Espagnole de 79 ans installée à Tanger. Présenté à Venise, « Calle Málaga » marque une nouvelle étape dans le cinéma de la réalisatrice, après « Adam » et « Le Bleu du caftan ».

Les premières œuvres trouvent leur place
Le Prix de la première œuvre revient à « Shana », de la Française Lila Pinell.
Le film suit une jeune génération confrontée à la précarité, aux violences affectives et à la nécessité de se construire malgré les obstacles.
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« La Cour des grands », autre regard marocain
Le documentaire offre un deuxième temps fort marocain. Hind Bensari remporte le Grand Prix documentaire avec « La Cour des grands ».
Le film suit Karim et Mohamed, deux garçons de 12 ans contraints de quitter l’école faute de moyens. Leur entrée précoce dans l’âge adulte devient le sujet d’un récit sur l’exode rural, les inégalités sociales et les attentes qui pèsent sur les enfants.
Le documentaire élargit ainsi le champ du festival, en faisant entrer dans le palmarès des questions qui dépassent la seule condition féminine : éducation, pauvreté, famille et transmission.
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Une édition ouverte sur plusieurs cinémas
Le reste du palmarès confirme cette ouverture. Le prix de la meilleure interprétation féminine revient ex æquo à Khairia Nazmi et Lamar Faden, les deux générations de femmes au cœur de « Hijra ».
Le Canadien Patrick Hivon reçoit le prix de la meilleure interprétation masculine pour « Amour apocalypse », réalisé par Anne Émond.
Une mention spéciale distingue « The World of Love » de la Sud-Coréenne Yoon Ga-eun.
Du côté du jeune public, « 2 RWAH » d’Alaa Akaaboune remporte le prix du long métrage. Le court métrage revient à « Tatouage de Bezza » de Fatima Zahra Oubaha.
Le Prix parité L’Autre Rive distingue enfin « Quitte ou Double » de la réalisatrice marocaine Rachida Saadi.

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Le cinéma comme espace de transmission
Cette 19e édition ne s’est pas limitée aux compétitions. Le festival a également rendu hommage à la réalisatrice québécoise Anaïs Barbeau-Lavalette et à l’actrice marocaine Ibtissam Laaroussi.
La programmation a aussi ouvert ses écrans au cinéma québécois, à la mémoire de Fatima Mernissi et à une nouvelle rubrique consacrée au regard des réalisateurs sur la condition féminine.
À Salé, les femmes ne sont pas seulement les sujets des films. Elles en portent les récits, les silences, les conflits et les échappées. D’un pays à l’autre, d’une génération à l’autre, ces histoires se répondent sans se ressembler. C’est peut-être là que se joue la force de cette 19e édition : faire du cinéma un espace où les récits de femmes circulent, se confrontent et se transmettent.
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