Mobilisation lycéenne : plus de 100 000 signatures pour une pétition contre les armes mutilantes

Un policier équipé d’un lanceur de balles de défense LBD-40 lors d’une mobilisation lycéenne à Strasbourg, le 1er octobre 2026. © ROMEO BOETZLE / AFP
Lancée par un professeur, cette pétition pointe une réponse « totalement disproportionnée » des forces de l’ordre face aux revendications des lycéens.
En bref
- Une pétition contre les armes mutilantes lors des manifestations lycéennes a dépassé les 100 000 signatures en une semaine.
- Lancée par Raphaël Pradeau, professeur et membre de l’association Attac, elle dénonce une réponse sécuritaire jugée « totalement disproportionnée ».
- La pétition réclame l’interdiction des LBD 40, de certaines grenades et des pistolets à impulsion électrique.
- Elle vise également certaines techniques d’immobilisation présentant des risques d’asphyxie, comme le plaquage ventral.
- À partir de 500 000 signatures, la Conférence des présidents de l’Assemblée nationale pourrait décider d’organiser un débat en séance publique.
En à peine une semaine, la pétition visant à « interdire des armes mutilantes et des techniques d’immobilisation létales dans les manifestations lycéennes » a dépassé les 100 000 signatures. Un score qui permet à la pétition d’être désormais visible sur le site de l’Assemblée nationale.
Raphaël Pradeau, professeur et membre de l’association Attac, lançait cette pétition mardi dernier (5 octobre) dans laquelle il fustige une « réponse sécuritaire totalement disproportionnée » face à un mouvement lycéen au « discours légitime ».
« Interpellations massives et violentes (…), tir de grenade lacrymogène à bout portant, tir de LBD y compris au visage, voitures qui foncent dans la foule », autant de moyens dénoncés par le professeur.
À partir de 500 000 signatures, la Conférence des présidents de l’Assemblée nationale pourrait également décider d’organiser un débat en séance publique.
Moyens inappropriés
Face à ce constat, Raphaël Pradeau interpelle les députés et sénateurs : « Nous demandons aux parlementaires de voter une loi qui interdise l’utilisation de techniques et d’armes totalement inappropriées dans des manifestations de lycéens, dont l’immense majorité sont des mineurs ».
L’auteur de la pétition vise notamment les gestes d’immobilisation à « risque d’asphyxie » comme le plaquage ventral, les clés d’étranglement ou encore le pliage corporel, consistant à compresser le buste vers les genoux.
Et surtout, le professeur demande l’interdiction des armes mutilantes comme les LBD 40, les grenades explosives, d’assourdissement et de désencerclement, ou encore les pistolets à impulsion électrique, plus communément appelés Taser.
Répression policière
Mercredi dernier (7 octobre), Laurent Nuñez était auditionné par la Commission des lois de l’Assemblée nationale. Le matin même, le ministre de l’Intérieur annonçait la suspension de l’utilisation des grenades assourdissantes « pour le mouvement lycéen ».
Toutefois, il a également été précisé que cette suspension durerait le temps de faire la lumière sur les circonstances de la blessure du lycéen qui a eu la main arrachée, à Lens, par une grenade assourdissante de type ASSD, de la marque Alsetex.
Cependant, Laurent Nuñez est resté inflexible sur l’action des forces de l’ordre qu’il estime appropriée : « La première vérité à rétablir c’est qu’il n’y a pas d’intervention des forces de sécurité intérieure face à des lycéens qui manifestent pacifiquement (…) Je trouve donc excessif de parler de répressions policières d’un mouvement ».
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Vos questions sur la mobilisation lycéenne et les armes mutilantes
Pourquoi une pétition contre les armes mutilantes a-t-elle été lancée ?
La pétition dénonce la réponse des forces de l’ordre aux manifestations lycéennes, jugée « totalement disproportionnée » par son auteur, Raphaël Pradeau.
Qui est à l’origine de cette pétition ?
Raphaël Pradeau, professeur et membre de l’association Attac, a lancé cette pétition le 5 octobre.
Quelles armes la pétition veut-elle faire interdire ?
Elle réclame notamment l’interdiction des lanceurs de balles de défense LBD 40, des grenades explosives, d’assourdissement et de désencerclement, ainsi que des pistolets à impulsion électrique, communément appelés Taser.
Quelles techniques d’immobilisation sont visées ?
La pétition cible les techniques présentant des risques d’asphyxie, notamment le plaquage ventral, les clés d’étranglement et le pliage corporel, qui consiste à comprimer le buste vers les genoux.
Que permet le seuil de 500 000 signatures ?
À partir de 500 000 signatures, la Conférence des présidents de l’Assemblée nationale peut décider d’organiser un débat en séance publique, sous réserve des conditions applicables à la pétition.
