Affaire Crépol : 11 accusés renvoyés aux assises pour meurtre

Des fleurs devant la salle des fêtes de Crépol, où Thomas Perotto est mort après avoir été blessé à l’arme blanche, en novembre 2023. © Olivier Chassignole / AFP
Le procès aura lieu fin 2027. La justice les a renvoyés devant les assises pour meurtre aggravé par du racisme contre « la race blanche et la nation française ».
Le procès ne devrait pas se tenir avant la fin de l’année prochaine, voire début 2028. D’ici là, sept accusés restent en détention, un autre assigné à résidence et quatre sous contrôle judiciaire.
L’un d’eux étant âgé de 17 ans au moment des faits, les juges d’instruction ont demandé qu’ils soient tous jugés par la cour d’assises des mineurs de la Drôme, avec un douzième accusé, lui, de violences volontaires avec arme.
Au total, quatorze jeunes hommes ont été mis en examen dans cette enquête, mais deux ont bénéficié d’un non-lieu.
Circonstance aggravante
Les enquêteurs ne sont pas parvenus à déterminer quel accusé a porté le coup mortel à Thomas Perotto, un rugbyman de 16 ans à la fin du bal de l’hiver du village drômois de Crépol.
Les juges d’instruction ont retenu le concept pénal de « scène unique » qui permet de juger tous les membres d’un groupe pour un crime, au motif qu’ils ont tous pris part aux violences. Et ils ont retenu la circonstance aggravante de « discrimination objective » envers « la race blanche et la nation française » sur la base des déclarations de témoins qui assurent notamment avoir entendu : « on est là pour planter des Blancs et tuer des Français » ou « sale Français de merde ».
Le parquet avait pourtant considéré que ces témoignages étaient « minoritaires », « imprécis » et « contradictoires » et s’était ainsi opposé à l’ajout de cette circonstance aggravante.
S’emparer du sujet
Dans la nuit du 18 au 19 novembre 2023, des jeunes venus du quartier populaire de la Monnaie à Romans-sur-Isère se sont battus avec un groupe de jeunes de Crépol, à l’issue du « bal de l’hiver » du village.
Dans un contexte confus, ils avaient sorti des couteaux et blessé grièvement quatre personnes, dont Thomas Perotto, lycéen de 16 ans et amateur de rugby, décédé lors de son transport à l’hôpital.
Ce drame a suscité de nombreux commentaires dans les médias et la sphère politique. La droite et l’extrême droite se sont notamment emparées du meurtre pour dénoncer un « racisme anti-Blanc ».
> Sur le même sujet :
Meurtre de Crépol : le parquet conteste la circonstance de racisme
Drame de Crépol: Eric Zemmour condamné pour injure raciale
Pétain « sauveur » de juifs français: Eric Zemmour condamné
La porte-parole du gouvernement évoque un racisme anti-Blancs
Mort de Thomas: manifestations interdites dans la Drôme
