Meurtre de Crépol : le parquet conteste la circonstance de racisme

Des participants à une marche blanche en hommage à Thomas Perotto, à Romans-sur-Isère, le 22 novembre 2023. © OLIVIER CHASSIGNOLE / AFP
Le mobile raciste ne peut pas être retenu, selon les réquisitions du parquet de Valence. Les juges d’instruction devront trancher après le décès de Thomas Perotto.
En bref
- Le parquet de Valence conteste la circonstance aggravante de racisme dans l’affaire de Crépol.
- Les juges d’instruction l’avaient retenue en juillet contre les 14 mis en examen.
- Le parquet estime notamment que les témoignages faisant état de propos hostiles aux Blancs sont minoritaires et parfois contradictoires.
- 11 des mis en cause font l’objet de réquisitions de renvoi devant une cour d’assises.
- Les juges d’instruction doivent encore rendre leur ordonnance de mise en accusation.
C’est une nouvelle étape dans une longue procédure, avant la décision définitive des juges d’instruction. Ils vont devoir rédiger une ordonnance de mise en accusation, en suivant ou non les réquisitions du parquet. En juillet, les juges d’instruction ont requalifié les chefs d’accusation des 14 mis en examen pour meurtre et tentatives de meurtre dans ce dossier, sur la base d’une dizaine de témoignages faisant état de propos hostiles aux Blancs à la fin du bal du village de Crépol, dans la Drôme.
Témoignages minoritaires
Le parquet n’a pas retenu cette circonstance aggravante de racisme dans ses premières observations. Dans son réquisitoire, il confirme en estimant que ces témoignages sont minoritaires, parfois imprécis voire contradictoires, et ne sont pas suffisants pour caractériser l’accusation. En mai dernier, les juges ont notifié aux parties avoir terminé leur enquête. Un mois plus tard, le parquet a requis le renvoi devant une cour d’assises de 11 des mis en cause pour homicide et tentative d’homicide, sans retenir la circonstance aggravante de bande organisée.
14 mis en examen
Dans la nuit du 18 au 19 novembre 2023, des jeunes venus pour certains du quartier populaire de la Monnaie à Romans-sur-Isère se sont battus avec un groupe de jeunes de Crépol à l’issue du « bal de l’hiver » du village. Ils ont sorti des couteaux et blessé grièvement quatre personnes, dont Thomas Perotto, lycéen de 16 ans, décédé lors de son transport à l’hôpital. Quatorze jeunes hommes ont été mis en examen, tous pour meurtre et tentatives de meurtre en bande organisée. Aucun n’a jamais admis avoir porté le coup mortel.
> Sur le même sujet :
Drame de Crépol: Eric Zemmour condamné pour injure raciale
Mort de Thomas: manifestations interdites dans la Drôme
Vos questions sur l’affaire de Crépol
Que conteste le parquet de Valence ?
Le parquet conteste la circonstance aggravante de racisme retenue par les juges d’instruction contre les personnes mises en examen.
Pourquoi le parquet écarte-t-il cette circonstance ?
Il estime que les témoignages faisant état de propos hostiles aux Blancs sont minoritaires, imprécis ou contradictoires et ne permettent pas de caractériser suffisamment cette circonstance.
Les juges d’instruction sont-ils obligés de suivre le parquet ?
Non. Ils devront rendre leur ordonnance de mise en accusation et peuvent suivre ou non les réquisitions du parquet.
Combien de personnes sont mises en examen ?
Quatorze jeunes hommes sont mis en examen dans cette affaire, pour meurtre et tentatives de meurtre en bande organisée.
Quand les faits ont-ils eu lieu ?
Dans la nuit du 18 au 19 novembre 2023, à l’issue du bal de l’hiver à Crépol, dans la Drôme.
