Un enfant de 10 ans confond « maison mitoyenne » avec « maison terroriste »: la police débarque chez lui

 Un enfant de 10 ans confond « maison mitoyenne » avec « maison terroriste »: la police débarque chez lui

PETER MACDIARMID / GETTY IMAGES EUROPE / GETTY IMAGES/AFP


 


C'est absurde bien sûr mais ça ne nous étonne qu'à moitié. L'histoire se passe cette fois-ci en Angleterre, à Lancashire au nord-est du pays. Un petit garçon âgé de seulement 10 ans a été soumis à un interrogatoire policier pour avoir écrit en classe "je vis dans une maison terroriste" quand il voulait dire "je vis dans une maison mitoyenne" ou "terraced house" en anglais, rapporte ce mercredi 20 janvier la BBC. 


 


 




L'enfant de confession musulmane a fait cette "erreur" durant un cours d'anglais. Alertée par l'école le jour suivant, la police est venue l'interroger chez lui. Elle a examiné l'ordinateur familial. La famille du petit garçon a déclaré à la BBC que l'incident, qui s'est produit le 7 décembre, avait traumatisé l'enfant et qu'il n'osait plus écrire depuis.


"J'ai d'abord cru à une blague", a dit sa cousine dont l'identité est restée secrète pour protéger l'enfant. "Si l'enseignant avait une inquiétude à se faire, c'est au sujet de son orthographe", a-t-elle continué.


Depuis le mois de juillet 2015, les professeurs britanniques sont priés de déclarer toute attitude extrémiste dans le cadre de la législation antiterroriste. La bourde de l'instituteur vient peut-être de là. Il ne s'agit pas d'un incident isolé. 


Miqdaad Versi, le secrétaire général adjoint du Conseil des musulmans du Royaume-Uni (MCB), parle de  "plusieurs dizaines de cas similaires" qui lui ont été rapportés. "Je suis très inquiet des dérives de la loi", a-t-il ajouté.



En septembre 2015, un adolescent de 14 ans avait été longuement interrogé par les services de protection de l'enfance sur ses liens éventuels avec Daesh pour avoir employé le terme "éco-terroristes" en classe.



Le garçon avait utilisé ce terme, en français, lors d'un cours de français où il était question d'écologie et de l'usage de la violence pour défendre la cause verte, dans son école du centre de Londres.



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Nadir Dendoune

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Nadir Dendoune

Nadir Dendoune est journaliste, chroniqueur, écrivain et réalisateur. Il collabore à la rédaction web du Courrier de l’Atlas, où il publie des chroniques et des récits mêlant engagement social, regard critique et expérience personnelle. Né à Saint-Denis de parents algériens, il s’est fait connaître du grand public par son parcours atypique et ses défis hors normes. Aventurier autodidacte, il entreprend un tour du monde à vélo avant de gravir l’Everest sans expérience préalable de l’alpinisme. Cette ascension donne naissance à son livre Un tocard sur le toit du monde (2010), récit autobiographique devenu un succès d’édition et adapté au cinéma en 2017 sous le titre L’Ascension.Auteur engagé, Nadir Dendoune explore dans ses ouvrages les thèmes de l’identité, de l’immigration et des fractures sociales. Dans Lettre ouverte à un fils d’immigré, il s’adresse à la jeunesse issue des quartiers populaires et interroge les déterminismes sociaux. Avec Journal de guerre d’un pacifiste, il revient sur son arrestation en Irak en 2003 alors qu’il servait de « bouclier humain », livrant un témoignage personnel sur la guerre et l’engagement. Il publie également Nos rêves de pauvres (2017), récit intime consacré à son père et à l’histoire de l’immigration algérienne en France.Son travail journalistique et littéraire se caractérise par une écriture directe, incarnée et accessible, nourrie d’expériences vécues. À travers ses chroniques et ses livres, il questionne les rapports de pouvoir, les inégalités sociales et la possibilité de s’affranchir des assignations.Au sein du Courrier de l’Atlas, il contribue au développement éditorial numérique et apporte une voix singulière, à la croisée du récit autobiographique, de l’analyse sociale et du témoignage engagé.