Inde-Le gouvernement veut donner la citoyenneté aux réfugiés, sauf aux musulmans

 Inde-Le gouvernement veut donner la citoyenneté aux réfugiés, sauf aux musulmans

Le premier ministre indien Narendra Modi.


Depuis maintenant plus de deux semaines, les musulmans indiens sont dans la rue. Et ça en fait du monde parce que même s’ils ne représentent que 14% de la population, ils sont tout de même 200 millions ! 


En cause : le Citizen Amendment Act, une réforme de la citoyenneté approuvée le 11 décembre par le Parlement indien où le gouvernement entend donner la citoyenneté aux réfugiés, sauf s'ils sont musulmans.


Un texte pensé par le premier ministre hindou Narendra Modi, pour qui les musulmans sont des « termites », ou des « pakistanais » (une des pires insultes pour un Indien). Son parti, le BJP, affirme que ce nouveau texte de loi a pour but d’accueillir les minorités pourchassées dans les pays voisins. Si cela était vraiment le cas, il devrait être alors ouvert aux Rohingyas de Birmanie, aux Chiites du Pakistan….Ce n’est évidemment pas le cas. C’est donc clairement un texte anti musulman.


Les musulmans indiens ne sont pas les seuls dans la rue. La société civile est également remontée contre ce texte. Des mouvements spontanés avec en majorité des jeunes. Tous s’élèvent pour défendre la constitution indienne de 1955 fondée sur la laïcité, mais aussi pour protéger l’Etat de Droit qu'ils estiment en danger et plus largement défendre une identité nationale qui fait de l’Inde une terre de refuge pour les persécutés. Les manifestants dénoncent également la violence de la répression : 25 morts, des centaines d’interpellation, Internet coupé de façon régulière, des journalistes interdits d’accès dans plusieurs régions du Nord où les rassemblements sont les plus importants.


A peine votée, cette loi a été tout de suite portée par ses opposants devant la Cour suprême indienne. Il y a peu de chances que la Cour la valide. En effet, l'Etat indien reconnaît toutes les religions mais n'est censé n’en discriminer aucune.


Plus généralement, depuis l’accession au pouvoir du BJP, le parti du premier ministre Narendra Modi en 2014, la laïcité à l’indienne est progressivement remise en question, l'idéologie de l’hindutva, qui prône une Inde intrinsèquement hindoue, s’est propagée, levant les tabous sur la critique des musulmans. Ces derniers ont de plus en plus de mal à être représentés dans la sphère publique et politique. Par exemple, lors des dernières élections générales, du 7 avril et du 12 mai 2014, sur les 543 postes à pourvoir, seuls 3,5% sont musulmans. C'est le chiffre le plus bas jamais enregistré.

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Nadir Dendoune

Nadir Dendoune est journaliste, chroniqueur, écrivain et réalisateur. Il collabore à la rédaction web du Courrier de l’Atlas, où il publie des chroniques et des récits mêlant engagement social, regard critique et expérience personnelle. Né à Saint-Denis de parents algériens, il s’est fait connaître du grand public par son parcours atypique et ses défis hors normes. Aventurier autodidacte, il entreprend un tour du monde à vélo avant de gravir l’Everest sans expérience préalable de l’alpinisme. Cette ascension donne naissance à son livre Un tocard sur le toit du monde (2010), récit autobiographique devenu un succès d’édition et adapté au cinéma en 2017 sous le titre L’Ascension.Auteur engagé, Nadir Dendoune explore dans ses ouvrages les thèmes de l’identité, de l’immigration et des fractures sociales. Dans Lettre ouverte à un fils d’immigré, il s’adresse à la jeunesse issue des quartiers populaires et interroge les déterminismes sociaux. Avec Journal de guerre d’un pacifiste, il revient sur son arrestation en Irak en 2003 alors qu’il servait de « bouclier humain », livrant un témoignage personnel sur la guerre et l’engagement. Il publie également Nos rêves de pauvres (2017), récit intime consacré à son père et à l’histoire de l’immigration algérienne en France.Son travail journalistique et littéraire se caractérise par une écriture directe, incarnée et accessible, nourrie d’expériences vécues. À travers ses chroniques et ses livres, il questionne les rapports de pouvoir, les inégalités sociales et la possibilité de s’affranchir des assignations.Au sein du Courrier de l’Atlas, il contribue au développement éditorial numérique et apporte une voix singulière, à la croisée du récit autobiographique, de l’analyse sociale et du témoignage engagé.