« C’est un lieu privé » : refoulé au meeting de Jean-Luc Mélenchon à Saint-Denis, le maire de Stains, Azzédine Taïbi, raconte sa surprise

 « C’est un lieu privé » : refoulé au meeting de Jean-Luc Mélenchon à Saint-Denis, le maire de Stains, Azzédine Taïbi, raconte sa surprise

Azzédine Taïbi, maire de Stains, raconte avoir été refoulé à l’entrée du meeting de Jean-Luc Mélenchon à Saint-Denis, ce dimanche 7 juin 2026. © Ludovic MARIN / AFP

Près de 26 000 personnes ont assisté, selon les organisateurs, au premier grand meeting de campagne de Jean-Luc Mélenchon, organisé ce dimanche (7 juin) à Saint-Denis. Parmi ceux qui n’ont pas pu entrer : Azzédine Taïbi, maire communiste de Stains, ancien vice-président de l’Union populaire lors de la présidentielle de 2022, et l’un des élus de gauche les plus en vue de Seine-Saint-Denis -le département qui accueillait justement l’événement. Refoulé à trois reprises, sans explication, par des militants qu’il ne connaissait pas, il a fini par s’installer à la terrasse d’un café pour écouter le discours de loin. Un thé à la main.  L’auteur de ces lignes a lui-même été refoulé à l’entrée du meeting et a rencontré l’élu à l’extérieur du site, où il a recueilli son témoignage. 

 

LCDA : Que s’est-il passé dimanche après-midi ?

Azzédine Taïbi : Je suis arrivé sur place un peu après 15 heures. Il y avait énormément de monde. J’ai essayé de me faufiler pour accéder au meeting, d’abord par l’entrée presse, qui semblait être le seul accès encore ouvert. J’ai décliné mon identité en précisant que j’étais le maire de Stains.

On m’a répondu qu’il s’agissait d’un lieu privé et qu’il n’était plus possible de rentrer. J’ai tenté ma chance par d’autres accès. Au total, trois tentatives, toutes sans succès.

Cela vous a surpris ?

Azzédine Taïbi : Beaucoup. C’est la première fois qu’une telle situation m’arrive. Le meeting se tenait en Seine-Saint-Denis, je suis maire d’une ville du département, j’ai soutenu Jean-Luc Mélenchon en 2022 et j’ai été vice-président de l’Union populaire.

Je ne m’attendais pas à me retrouver dans cette situation, surtout pas dans le 93 ! Et je n’ai obtenu aucune explication claire, juste : « C’est un lieu privé. »

Les personnes chargées du filtrage vous étaient-elles connues ?

Azzédine Taïbi : Non, aucune. Je ne sais pas s’il s’agissait de nouveaux militants. À un moment, je me suis même cru à une réunion à Sciences Po ! (rires)

Comment avez-vous réagi, finalement ?

Azzédine Taïbi : Avec étonnement, surtout. Au-delà de ma personne, ce qui me frappe le plus, c’est l’absence totale de considération. Quand on participe à la vie publique et au débat démocratique, on s’attend au minimum à être informé des raisons d’une décision.

Après mes trois tentatives, je me suis installé à la terrasse d’un café, j’ai pris un thé et je suis resté écouter Jean-Luc Mélenchon parler depuis l’extérieur. J’aurais pu partir ; j’ai préféré rester. J’espère que des explications pourront être apportées.

 

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Nadir Dendoune

Nadir Dendoune est journaliste, chroniqueur, écrivain et réalisateur. Il collabore à la rédaction web du Courrier de l’Atlas, où il publie des chroniques et des récits mêlant engagement social, regard critique et expérience personnelle. Né à Saint-Denis de parents algériens, il s’est fait connaître du grand public par son parcours atypique et ses défis hors normes. Aventurier autodidacte, il entreprend un tour du monde à vélo avant de gravir l’Everest sans expérience préalable de l’alpinisme. Cette ascension donne naissance à son livre Un tocard sur le toit du monde (2010), récit autobiographique devenu un succès d’édition et adapté au cinéma en 2017 sous le titre L’Ascension.Auteur engagé, Nadir Dendoune explore dans ses ouvrages les thèmes de l’identité, de l’immigration et des fractures sociales. Dans Lettre ouverte à un fils d’immigré, il s’adresse à la jeunesse issue des quartiers populaires et interroge les déterminismes sociaux. Avec Journal de guerre d’un pacifiste, il revient sur son arrestation en Irak en 2003 alors qu’il servait de « bouclier humain », livrant un témoignage personnel sur la guerre et l’engagement. Il publie également Nos rêves de pauvres (2017), récit intime consacré à son père et à l’histoire de l’immigration algérienne en France.Son travail journalistique et littéraire se caractérise par une écriture directe, incarnée et accessible, nourrie d’expériences vécues. À travers ses chroniques et ses livres, il questionne les rapports de pouvoir, les inégalités sociales et la possibilité de s’affranchir des assignations.Au sein du Courrier de l’Atlas, il contribue au développement éditorial numérique et apporte une voix singulière, à la croisée du récit autobiographique, de l’analyse sociale et du témoignage engagé.