Le festival « Origines Contrôlées », un rendez-vous incontournable à Toulouse

 Le festival « Origines Contrôlées », un rendez-vous incontournable à Toulouse

Salah Amokrane


La 15e édition du festival "Origines Contrôlées" commence ce mercredi (du 3 au 6 octobre). Depuis 2017, il a lieu intégralement dans le quartier des Izards, à Toulouse. Sont prévus concerts, séances de cinéma et débats. Rencontre avec Salah Amokrane, l'un des initiateurs. 

 


Pourquoi ce festival ? 


Origines Contrôlées c'est d'abord l’occasion de mettre en lumière les initiatives de celles et ceux qui se mobilisent tout au long de l’année, dans le quartier des Izards mais aussi ailleurs, à Toulouse et dans le pays en faveur des classes modestes. Mais aussi celles et ceux qui travaillent sur les mémoires de l'immigration. C'est aussi de rappeler que le combat pour l’égalité et contre les discriminations est central. 


15e édition et toujours aussi déterminé ?


Plus que jamais. Le festival est devenu au fil du temps un rendez-vous, un moment à nous. Ça fait vraiment du bien de se créer un endroit pour échanger, se donner de l’énergie. Avec toutes les conneries qu’on entend à longueur de journée… Il nous faut des lieux où on se rend beau et intelligent ! 


Cette année, le festival aura lieu intégralement dans le quartier des Izards. Pourquoi est-ce important ? 


Ça devrait être banal des événements culturels dans des quartiers populaires. Mais aujourd’hui, on est obligé de le préciser. Les Izards c’est notre quartier, on y a grandi et même si on a bougé, on aime les gens qui y vivent. Nous y sommes présents tous les jours donc on a eu envie d’y revenir avec le festival. Juste pour dire ici, c’est Toulouse… C’est vrai que tout n’est pas rose… C’est pas le paradis mais c’est pas l’enfer non plus !


Quels seront les moments forts de cette 15e édition ?


Tous les jours sont des moments forts ! L'état d’esprit de la programmation est de revendiquer notre légitimité à donner notre version des faits et à parler de tous les sujets, comme l'écologie, la mémoire de l'immigration. Mais c’est vrai aussi que « Origines Contrôlées » est, pour beaucoup, devenu un endroit pour écouter du bon rap ! 

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Nadir Dendoune

Nadir Dendoune est journaliste, chroniqueur, écrivain et réalisateur. Il collabore à la rédaction web du Courrier de l’Atlas, où il publie des chroniques et des récits mêlant engagement social, regard critique et expérience personnelle. Né à Saint-Denis de parents algériens, il s’est fait connaître du grand public par son parcours atypique et ses défis hors normes. Aventurier autodidacte, il entreprend un tour du monde à vélo avant de gravir l’Everest sans expérience préalable de l’alpinisme. Cette ascension donne naissance à son livre Un tocard sur le toit du monde (2010), récit autobiographique devenu un succès d’édition et adapté au cinéma en 2017 sous le titre L’Ascension.Auteur engagé, Nadir Dendoune explore dans ses ouvrages les thèmes de l’identité, de l’immigration et des fractures sociales. Dans Lettre ouverte à un fils d’immigré, il s’adresse à la jeunesse issue des quartiers populaires et interroge les déterminismes sociaux. Avec Journal de guerre d’un pacifiste, il revient sur son arrestation en Irak en 2003 alors qu’il servait de « bouclier humain », livrant un témoignage personnel sur la guerre et l’engagement. Il publie également Nos rêves de pauvres (2017), récit intime consacré à son père et à l’histoire de l’immigration algérienne en France.Son travail journalistique et littéraire se caractérise par une écriture directe, incarnée et accessible, nourrie d’expériences vécues. À travers ses chroniques et ses livres, il questionne les rapports de pouvoir, les inégalités sociales et la possibilité de s’affranchir des assignations.Au sein du Courrier de l’Atlas, il contribue au développement éditorial numérique et apporte une voix singulière, à la croisée du récit autobiographique, de l’analyse sociale et du témoignage engagé.