Diversité : bonnet d’âne pour la télévision française

 Diversité : bonnet d’âne pour la télévision française

Siège de France Télévisions à Paris. LUDOVIC MARIN / AFP

Le CSA a réprimandé les patrons de chaînes de télévision, publiques et privées, à l’occasion de la publication de son baromètre de la diversité.

 

 

« On remarque de belles avancées, mais aussi des résultats décevants voire inacceptables ». Roch-Olivier Maistre, le président du CSA, a distribué les bons et les mauvais points aux différentes chaînes de télévision française, hier, le 29 septembre.

Et les mauvais points sont bien là : seulement 15 % des personnes qui apparaissent sur le petit écran y sont perçues comme « non blanches ». Un chiffre qui est en recul de 17% par rapport à 2018.

Peu de progrès également sur la question du handicap : seulement 0,7 % des personnes porteuses de handicap sont visibles à la télévision française.

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Que des engagements

Le CSA a donc tiré la sonnette d’alarme, sans pour autant sanctionner qui que ce soit, puisqu’il n’en a pas les capacités. En effet, les chaînes ont des obligations relatives à la diversité dans leurs conventions.

Mais, à la différence de la loi sur la parité de 2014 qui a obligé les chaînes à fournir des chiffres sur la représentation des femmes au régulateur, pour la diversité, ce ne sont que des engagements.

73% de CSP+

D’ailleurs, même si la loi sur la parité sert de garde-fou, la place des femmes à l’écran pose aussi problème. 39% des personnes qui apparaissent à la télévision sont des femmes. Dernier chiffre, très parlant : à l’inverse, les CSP+* sont une catégorie de personnes surreprésentées sur le petit écran, à hauteur de 73%.

Cette étude du CSA s’appuie sur deux semaines de visionnage sur 18 chaînes en 2019, avec des critères tels que l’origine, le sexe, le handicap ou l’âge.
* Les CSP+ désignent les catégories socio-professionnelles les plus favorisées.

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Chloé Juhel

Chloé Juhel