184 personnes abattues dans une mosquée en Égypte

 184 personnes abattues dans une mosquée en Égypte

Au moins 184 personnes ont été tuées


La présidence égyptienne a décrété trois jours de deuil national en hommage aux victimes de la mosquée Al-Rawda. Au moins 184 personnes ont été tuées, ce vendredi 24 novembre, dans une attaque sans précédent contre une mosquée, dans le nord du Sinaï menée par des hommes armés à l’heure de la grande prière, l’une des plus meurtrières en Egypte ces dernières années. 


L’attaque, qui n’a pas été immédiatement revendiquée, a également fait 125 blessés parmi les fidèles, selon le bilan fourni par la télévision d’Etat égyptienne.


Elle s’est produite autour de la mosquée Al-Rawda dans le village de Bir al-Abed, à l’ouest d’Al-Arich, la capitale de la province du Nord-Sinaï, région où les forces de sécurité combattent la branche égyptienne du groupe jihadiste Etat islamique (EI).


D’après des responsables, les assaillants ont déclenché une explosion avant d’ouvrir le feu sur les fidèles, parmi lesquels se trouvaient notamment des conscrits de l’armée.


Le chef d’un groupe bédouin qui combat l’EI a par ailleurs déclaré à l’AFP que cette mosquée était connue comme un lieu de rassemblement de soufis, adeptes d’un courant mystique de l’islam considéré comme hérétique par le groupe jihadiste.


Depuis 2013 et la destitution par l’armée du président islamiste élu Mohamed Morsi, des groupes jihadistes dont la branche égyptienne de l’organisation Etat islamique (EI) attaquent régulièrement les forces de sécurité égyptiennes dans le nord du Sinaï. De nombreux policiers et soldats, ainsi que des civils, ont été tués dans ces attaques.


La branche locale de l’EI a également revendiqué plusieurs attaques contre des civils, notamment des chrétiens et des soufis. Plus de 100 chrétiens, essentiellement des Coptes, ont été tués depuis un an, dans des attentats contre des églises ou des attaques ciblées dans le Sinaï et à travers le pays.


En février, les chrétiens d’Al-Arich avaient fui en masse après une série d’attaques violentes visant leur communauté. Les jihadistes ont aussi décapité l’an dernier un chef soufi, l’accusant de pratiquer la magie, et kidnappé plusieurs adeptes du soufisme, libérés après s’être «repentis».


L'Egypte est par ailleurs menacée par des jihadistes proches d’Al-Qaïda qui opèrent à partir de la Libye, à la frontière ouest du pays. Un groupe s’appelant Ansar al-Islam («Partisans de l’islam» en arabe) a revendiqué une embuscade en octobre dans le désert occidental égyptien qui a tué au moins 16 policiers.


L’armée avait ensuite mené des frappes aériennes en représailles, tuant le chef du groupe Emad al-Din Abdel Hamid, ancien officier militaire très recherché après qu’il a rejoint un groupe affilié à Al-Qaïda dans le bastion jihadiste libyen de Derna.


Nadir Dendoune


(Avec AFP)

Avatar photo

Nadir Dendoune

Nadir Dendoune est journaliste, chroniqueur, écrivain et réalisateur. Il collabore à la rédaction web du Courrier de l’Atlas, où il publie des chroniques et des récits mêlant engagement social, regard critique et expérience personnelle. Né à Saint-Denis de parents algériens, il s’est fait connaître du grand public par son parcours atypique et ses défis hors normes. Aventurier autodidacte, il entreprend un tour du monde à vélo avant de gravir l’Everest sans expérience préalable de l’alpinisme. Cette ascension donne naissance à son livre Un tocard sur le toit du monde (2010), récit autobiographique devenu un succès d’édition et adapté au cinéma en 2017 sous le titre L’Ascension.Auteur engagé, Nadir Dendoune explore dans ses ouvrages les thèmes de l’identité, de l’immigration et des fractures sociales. Dans Lettre ouverte à un fils d’immigré, il s’adresse à la jeunesse issue des quartiers populaires et interroge les déterminismes sociaux. Avec Journal de guerre d’un pacifiste, il revient sur son arrestation en Irak en 2003 alors qu’il servait de « bouclier humain », livrant un témoignage personnel sur la guerre et l’engagement. Il publie également Nos rêves de pauvres (2017), récit intime consacré à son père et à l’histoire de l’immigration algérienne en France.Son travail journalistique et littéraire se caractérise par une écriture directe, incarnée et accessible, nourrie d’expériences vécues. À travers ses chroniques et ses livres, il questionne les rapports de pouvoir, les inégalités sociales et la possibilité de s’affranchir des assignations.Au sein du Courrier de l’Atlas, il contribue au développement éditorial numérique et apporte une voix singulière, à la croisée du récit autobiographique, de l’analyse sociale et du témoignage engagé.