« Au nègre joyeux », de la rue au musée

 « Au nègre joyeux », de la rue au musée

« Au nègre joyeux »


Il est des vestiges de l’esclavage et du passé colonial de la France dont on est surpris de voir qu’il subsiste dans les rues d’une capitale en 2017. L’enseigne « Au nègre joyeux » ne trônera bientôt plus place de la Contrescarpe à Paris.


Après la polémique sur le gâteau « Tête de nègre » vendu dans les pâtisseries et plus récemment sur les propos tenus par le propriétaire d’un bar « La Première plantation » à Lyon, c’est une enseigne datant du 18e siècle qui divise la classe politique parisienne, après avoir régulièrement été la cible de vandalisme des passants dans la rue.


« Présence insultante et blessante »


Il s’agit d’une initiative du groupe communiste du Conseil de Paris. La peinture, représentant un Noir en uniforme de domestique servant une Blanche visiblement issue de la haute bourgeoisie, devrait être prochainement décrochée de la façade de cette ancienne chocolaterie, située au 14 rue Mouffetard, dans le 5e arrondissement parisien, et qui daterait de 1748. Selon les Communistes, cette enseigne constitue une « présence insultante et blessante », au sein de l’espace public, qui rappelle les « crimes de l'esclavage ».


Cacher l’histoire ?


L’enseigne sera restaurée et rejoindra le Musée Carnavalet, dans le 3e arrondissement de Paris. Le groupe communiste a également saisi l’opportunité de souligner la nécessité de créer un musée de l’esclavage.


Ce choix de la mairie de Paris suscite d’ailleurs une polémique au sein même du Conseil de Paris. Pour certains élus, il ne fallait pas retirer l’enseigne mais plutôt l’accompagner d’une plaque explicative, soulignant ainsi le besoin de « ne pas cacher l'histoire ».


Chloé Juhel

Chloe Juhel

Chloe Juhel