Philippe Rio, maire communiste de Grigny, élu meilleur maire du monde

 Philippe Rio, maire communiste de Grigny, élu meilleur maire du monde

Philippe Rio, élu meilleur maire du monde par la City Mayors Foundation. ALAIN JOCARD / AFP)

« C’est une belle surprise, une belle récompense de la mobilisation d’un collectif car un maire ce n’est pas un super héros », a réagi ce mardi 14 septembre Philippe Rio. Le maire communiste de Grigny dans l’Essonne a reçu le prix du meilleur maire du monde, à égalité avec le maire de Rotterdam Ahmed Aboutaleb, d’après le classement de la City Mayors Foundation de Londres.

 

Philippe Rio se place devant trente autres candidats venus de tous les continents, de Washington DC (États-Unis) à Delhi (Inde) en passant par Buenos Aires (Argentine), Ankara (Turquie) ou Milan (Italie). « C’est la récompense du travail, du chemin que nous avons pris, du courage parfois, de l’abnégation, a indiqué le maire, cela nous donne un élan remarquable ».

La City Mayors Foundation, créée en 2003 à Londres, est un groupe de réflexion international dédié aux affaires urbaines et géré par des professionnels d’Europe, d’Asie et des Amériques qui travaillent ensemble « pour promouvoir des villes fortes, justes et prospères ainsi qu’un bon gouvernement local ».

Tous les deux ans, la fondation met en vedette les maires jugés « les plus remarquables, qui ont servi leurs concitoyens avec intégrité, courage et diligence », en s’appuyant sur des grands enjeux de notre époque.

Pour l’année 2021, elle rend hommage à ceux qui « ont fait preuve d’un leadership exceptionnel pendant la pandémie de Covid-19 ». Et ce sont les habitants du monde entier qui ont voté.

« Nous sommes une petite ville de banlieue, souvent dans les faits divers, les difficultés, mais le thème de cette année c’était la lutte contre le Covid-19 et effectivement au fur et à mesure de ce concours, on s’est aperçu qu’on avait notre place », explique Philippe Rio. « Avec nos petits moyens, nos petits bras, on a fait de la solidarité, on a lutté contre le Covid, on a distribué des masques quand il n’y en avait pas, on a distribué des repas quand la crise alimentaire a durement frappé les quartiers populaires », précise-t-il.

 

 

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Nadir Dendoune

Nadir Dendoune est journaliste, chroniqueur, écrivain et réalisateur. Il collabore à la rédaction web du Courrier de l’Atlas, où il publie des chroniques et des récits mêlant engagement social, regard critique et expérience personnelle. Né à Saint-Denis de parents algériens, il s’est fait connaître du grand public par son parcours atypique et ses défis hors normes. Aventurier autodidacte, il entreprend un tour du monde à vélo avant de gravir l’Everest sans expérience préalable de l’alpinisme. Cette ascension donne naissance à son livre Un tocard sur le toit du monde (2010), récit autobiographique devenu un succès d’édition et adapté au cinéma en 2017 sous le titre L’Ascension.Auteur engagé, Nadir Dendoune explore dans ses ouvrages les thèmes de l’identité, de l’immigration et des fractures sociales. Dans Lettre ouverte à un fils d’immigré, il s’adresse à la jeunesse issue des quartiers populaires et interroge les déterminismes sociaux. Avec Journal de guerre d’un pacifiste, il revient sur son arrestation en Irak en 2003 alors qu’il servait de « bouclier humain », livrant un témoignage personnel sur la guerre et l’engagement. Il publie également Nos rêves de pauvres (2017), récit intime consacré à son père et à l’histoire de l’immigration algérienne en France.Son travail journalistique et littéraire se caractérise par une écriture directe, incarnée et accessible, nourrie d’expériences vécues. À travers ses chroniques et ses livres, il questionne les rapports de pouvoir, les inégalités sociales et la possibilité de s’affranchir des assignations.Au sein du Courrier de l’Atlas, il contribue au développement éditorial numérique et apporte une voix singulière, à la croisée du récit autobiographique, de l’analyse sociale et du témoignage engagé.