Elle lance une pétition pour qu’Hassen Chalghoumi ne soit plus le porte-parole des musulmans de France

 Elle lance une pétition pour qu’Hassen Chalghoumi ne soit plus le porte-parole des musulmans de France

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Au départ, Leila Bala avait lancé cette pétition, « plus comme un coup de gueule », avoue-t-elle. «J’en avais marre de voir Hassen Chalghoumi constamment parader à la télé et parler à notre place », continue cette mère de famille de 44 ans, de confession musulmane. Leila ne s’attendait pas à ce qu’autant de « personnes la signent ». A ce jour, la pétition a recueilli 37 698 signatures.


 


Sa pétition mise en ligne il y a un an, demande qu’Hassen Chalghoumi, dit « l’imam de Drancy », ne soit plus le porte-parole des musulmans de France. Il fallait s'attendre à ce que la démarche de Leila Bala trouve un écho favorable : Hassen Chalghoumi est depuis quelques années l’une des personnalités les plus décriées au sein de la communauté musulmane de France. « Il y en a d'autres de bien plus compétents que lui mais on ne les invite jamais », se plaint celle qui est originaire de Nice mais qui vit à Toulouse depuis cinq ans maintenant. « En s'exprimant ainsi partout, sa parole devient ainsi crédible aux yeux de beaucoup qui pensent qu'il est représentatif de la communauté musulmane. Alors, qu'il s'est lui-même auto-proclamé porte-parole » dénonce Leila.


La jeune femme avoue avoir « souvent honte quand il s’exprime à la télé ». « Ce n’est pas uniquement parce qu'il parle mal le français que je dis cela », tient à préciser la quadragénaire. « C’est surtout le fond de son message qui me dérange : à aucun moment, il ne défend la communauté musulmane qui est constamment attaquée. Pourtant, c’est un peu son rôle tout de même », raille-t-elle. « Et puis, quand je l’écoute, je n’ai pas l’impression qu’il connaît l’islam », embraie dépitée Leila.



Il y a aussi la personnalité de « l’imam cathodique », comme beaucoup le surnomment, qui semble lui poser problème. « Je déteste son côté bling-bling. Un imam doit plutôt être humble, faire preuve de discrétion. Lui, c’est tout l’inverse », pointe-t-elle.


Après avoir lâché pendant quelques temps cette pétition, la voilà qu’elle remonte au créneau. « Quand la pétition obtiendra plus de 100 000 signatures, je l’enverrai aux journalistes », promet-t-elle, bien décidée à « obliger les médias à écouter cette vague de mécontentement ».


 


Nadir Dendoune


Pétition :


https://www.change.org/p/aux-musulmans-pour-que-hassen-chalghoumi-ne-soit-plus-le-porte-parole-des-musulmans-de-france





 


 


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Nadir Dendoune

Nadir Dendoune est journaliste, chroniqueur, écrivain et réalisateur. Il collabore à la rédaction web du Courrier de l’Atlas, où il publie des chroniques et des récits mêlant engagement social, regard critique et expérience personnelle. Né à Saint-Denis de parents algériens, il s’est fait connaître du grand public par son parcours atypique et ses défis hors normes. Aventurier autodidacte, il entreprend un tour du monde à vélo avant de gravir l’Everest sans expérience préalable de l’alpinisme. Cette ascension donne naissance à son livre Un tocard sur le toit du monde (2010), récit autobiographique devenu un succès d’édition et adapté au cinéma en 2017 sous le titre L’Ascension.Auteur engagé, Nadir Dendoune explore dans ses ouvrages les thèmes de l’identité, de l’immigration et des fractures sociales. Dans Lettre ouverte à un fils d’immigré, il s’adresse à la jeunesse issue des quartiers populaires et interroge les déterminismes sociaux. Avec Journal de guerre d’un pacifiste, il revient sur son arrestation en Irak en 2003 alors qu’il servait de « bouclier humain », livrant un témoignage personnel sur la guerre et l’engagement. Il publie également Nos rêves de pauvres (2017), récit intime consacré à son père et à l’histoire de l’immigration algérienne en France.Son travail journalistique et littéraire se caractérise par une écriture directe, incarnée et accessible, nourrie d’expériences vécues. À travers ses chroniques et ses livres, il questionne les rapports de pouvoir, les inégalités sociales et la possibilité de s’affranchir des assignations.Au sein du Courrier de l’Atlas, il contribue au développement éditorial numérique et apporte une voix singulière, à la croisée du récit autobiographique, de l’analyse sociale et du témoignage engagé.