Georges Ibrahim Abdallah entame sa 34 ème année de détention en France

 Georges Ibrahim Abdallah entame sa 34 ème année de détention en France

Le chef présumé des F.A.R.L. (Fractions armées révolutionnaires libanaises)


Il est le plus vieux prisonnier français. 33 ans passés derrière les barreaux. Comme chaque année à cette période (date anniversaire de son arrestation), un rassemblement aura lieu devant la prison centrale de Lannemezan (65), ce samedi 21 octobre, pour demander la libération de Georges Ibrahim Abdallah, 66 ans, militant communiste libanais, condamné en France en 1987 à la réclusion à la perpétuité par la Cour d’assises spéciale de Lyon pour complicité dans l’assassinat de deux diplomates en 1982 à Paris, l'Américain Charles Ray et l’Israélien Yacov Barsimentov. Il vient d’entamer sa 34e année de détention.


Pour comprendre l’affaire Georges Ibrahim Abdallah, il faut faire un retour en arrière. En 1982, nous sommes en pleine guerre du Liban. Le 18 janvier, le lieutenant-colonel Ray, l’attaché militaire adjoint des Etats-Unis en France, meurt à Paris, tué par les Fractions armées révolutionnaires libanaises (FARL). Le 3 avril, c’est au tour de Yacov Barsimentov, diplomate israélien, de succomber aux balles des FARL.


Pour les FARL, qui se revendiquent comme un mouvement de résistance, les deux diplomates ne sont que deux officiers de renseignement d’armées d’occupation au Liban. Il s’agit donc pour eux "d’assassinats politiques" et non "d’actes terroristes". Arrêté à Paris en octobre 1984, Georges Ibrahim Abdallah, considéré comme le chef présumé des FARL, est condamné à perpétuité, pour "complicité d’assassinats". 



Selon le droit français, il est libérable depuis 1999. A deux reprises, la justice française a estimé qu’il pouvait sortir de prison mais à chaque fois, l’Etat français s’y est opposé. Le plus vieux prisonnier français purge sa peine à la prison de Lannemezan, au sud de Toulouse, bien loin de Paris, où sa détention deviendrait un peu moins facile à gérer pour les autorités françaises.



A l’époque des faits, Yves Bonnet (ancien député UDF et ancien préfet), est le patron de la DST (services de renseignement intérieur). C’est lui qui arrête Georges Ibrahim Abdallah. Il demande aujourd'hui qu’il soit libéré. "M. Abdallah a largement purgé sa peine. Selon la loi française, il est tout de même libérable depuis 1999. D’autant plus qu’il ne représente plus aucun danger, qu’il est prêt à retourner directement chez lui et que le Liban est prêt à l’accueillir. Trouvez-vous normal qu’il soit toujours en prison quand d’autres, qui ont commis des crimes atroces et qui ont été arrêtés, beaucoup plus tard que lui, soient déjà dehors ?", pointe amer M.Bonnet. 



L'ancien patron de la DST parle "d'acharnement".  "La France se plie aux exigences des États-Unis et d’Israël. A chaque fois qu’une décision de justice a été prise en faveur de M. Abdallah, ces deux pays ont mis leur droit de veto pour qu’il ne sorte pas. Georges Ibrahim Abdallah n’a plus rien à faire en prison. C’est dégueulasse de le maintenir en détention", conclut Yves Bonnet.


Nadir Dendoune

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Nadir Dendoune

Nadir Dendoune est journaliste, chroniqueur, écrivain et réalisateur. Il collabore à la rédaction web du Courrier de l’Atlas, où il publie des chroniques et des récits mêlant engagement social, regard critique et expérience personnelle. Né à Saint-Denis de parents algériens, il s’est fait connaître du grand public par son parcours atypique et ses défis hors normes. Aventurier autodidacte, il entreprend un tour du monde à vélo avant de gravir l’Everest sans expérience préalable de l’alpinisme. Cette ascension donne naissance à son livre Un tocard sur le toit du monde (2010), récit autobiographique devenu un succès d’édition et adapté au cinéma en 2017 sous le titre L’Ascension.Auteur engagé, Nadir Dendoune explore dans ses ouvrages les thèmes de l’identité, de l’immigration et des fractures sociales. Dans Lettre ouverte à un fils d’immigré, il s’adresse à la jeunesse issue des quartiers populaires et interroge les déterminismes sociaux. Avec Journal de guerre d’un pacifiste, il revient sur son arrestation en Irak en 2003 alors qu’il servait de « bouclier humain », livrant un témoignage personnel sur la guerre et l’engagement. Il publie également Nos rêves de pauvres (2017), récit intime consacré à son père et à l’histoire de l’immigration algérienne en France.Son travail journalistique et littéraire se caractérise par une écriture directe, incarnée et accessible, nourrie d’expériences vécues. À travers ses chroniques et ses livres, il questionne les rapports de pouvoir, les inégalités sociales et la possibilité de s’affranchir des assignations.Au sein du Courrier de l’Atlas, il contribue au développement éditorial numérique et apporte une voix singulière, à la croisée du récit autobiographique, de l’analyse sociale et du témoignage engagé.