Le maire de Béziers Robert Ménard veut expulser lui-même les réfugiés

 Le maire de Béziers Robert Ménard veut expulser lui-même les réfugiés

Robert Ménard se rendant dans les logements du quartier de la Devèze occupés par des réfugiés syriens


 


Dire que Robert Ménard fut un temps le patron de Reporters sans frontières … Après avoir détourné une photo de l'AFP pour faire croire à ses administrés un afflux massif de migrants, Robert Ménard a voulu rendre justice lui-même, ce vendredi 11 septembre, à Béziers. 


 


Le maire soutenu par le Front national s'est rendu dans des logements du quartier de la Devèze occupés par des réfugiés syriens.Accompagné de policiers armés et munis de gilets pare-balles, l'ancien patron de Reporters sans frontières est allé expliquer à ces familles qu'elles n'étaient « pas les bienvenues » dans sa ville. Une honte…


Dans une vidéo diffusée sur le compte YouTube de la municipalité, Ménard débarque avec un traducteur et des adjoints dans les appartements. Il accuse les réfugiés d'occuper illégalement ces logements. « Vous volez l'électricité et l'eau », leur lance-t-il. Il leur demande de quitter sa ville. Selon La Marseillaise, l'un des occupants des lieux a même été attrapé par la manche pour être viré manu militari.



D'après le quotidien, l'arrivée de membres d'association et de l'élu communiste Aimé Couquet a empêché cette expulsion sauvage. « Il faut un jugement pour expulser, rappelle-t-il. En outre l'appartement en question appartient à l'office HLM qui dépend de l'agglomération et non de la mairie de Béziers ». Or selon l'élu, aucun arrêté n'avait été pris en préfecture pour une expulsion.


 


Nadir Dendoune

Avatar photo

Nadir Dendoune

Nadir Dendoune est journaliste, chroniqueur, écrivain et réalisateur. Il collabore à la rédaction web du Courrier de l’Atlas, où il publie des chroniques et des récits mêlant engagement social, regard critique et expérience personnelle. Né à Saint-Denis de parents algériens, il s’est fait connaître du grand public par son parcours atypique et ses défis hors normes. Aventurier autodidacte, il entreprend un tour du monde à vélo avant de gravir l’Everest sans expérience préalable de l’alpinisme. Cette ascension donne naissance à son livre Un tocard sur le toit du monde (2010), récit autobiographique devenu un succès d’édition et adapté au cinéma en 2017 sous le titre L’Ascension.Auteur engagé, Nadir Dendoune explore dans ses ouvrages les thèmes de l’identité, de l’immigration et des fractures sociales. Dans Lettre ouverte à un fils d’immigré, il s’adresse à la jeunesse issue des quartiers populaires et interroge les déterminismes sociaux. Avec Journal de guerre d’un pacifiste, il revient sur son arrestation en Irak en 2003 alors qu’il servait de « bouclier humain », livrant un témoignage personnel sur la guerre et l’engagement. Il publie également Nos rêves de pauvres (2017), récit intime consacré à son père et à l’histoire de l’immigration algérienne en France.Son travail journalistique et littéraire se caractérise par une écriture directe, incarnée et accessible, nourrie d’expériences vécues. À travers ses chroniques et ses livres, il questionne les rapports de pouvoir, les inégalités sociales et la possibilité de s’affranchir des assignations.Au sein du Courrier de l’Atlas, il contribue au développement éditorial numérique et apporte une voix singulière, à la croisée du récit autobiographique, de l’analyse sociale et du témoignage engagé.