Banderole-Barghouti : le maire de Stains gagne son procès

 Banderole-Barghouti : le maire de Stains gagne son procès


 


La nouvelle est inespérée. Elle nous ravit au plus haut point. Le tribunal de Montreuil a décidé ce mardi 28 juin de rejeter le référé déposé par le préfet de Seine-Saint-Denis, le jugeant irrecevable. Le préfet avait saisi la justice en 2015, après avoir demandé plusieurs fois à Azzedine Taibi, le maire de Stains, d'enlever une banderole en hommage à Marwan Barghouti, "le Mandela Palestinien", qui était affichée sur le fronton de la mairie depuis 2009, (voir nos articles).


 


Sommé par la cour d'appel de Versailles, Azzedine Taibi avait été contraint d'enlever la banderole le 25 mai dernier en attendant le jugement definitif, sous peine de pénalités financières journalières. Le tribunal a considéré que les conclusions de la préfecture motivant ce recours sont « tardives et irrecevables », a expliqué Azzeddine Taïbi, le maire (PCF) de Stains.


« Le Maire et la ville de Stains se félicitent de cette décision de justice. L’Etat de Droit a triomphé ! L’irrecevabilité de l’intégralité des accusations du Préfet démontre la tentation d’un procès à caractère politique portée par les accusateurs mais balayé par l’expression d’une justice indépendante», se réjouit Azzedine Taïbi.


Le maire de Stains, accompagné de nombreux soutiens s'était rendu au tribunal administratif de Montreuil le 14 juin pour défendre sa cause.


« A l’absence d’intérêt local, nous défendons la nécessité de promouvoir les droits humains, comme vecteur d’émancipation et de progrès. Le droit à la dignité concerne tous les peuples, y compris les prisonniers politiques, et implique chaque citoyen !», clame Azzedine Taïbi. « De même que dénoncer l’apartheid n’était pas du racisme anti-afrikaner, la critique d’un gouvernement d’extrême droite israélien qui mène une politique coloniale barbare, n’est pas de l’antisémitisme !», rappelle le maire.


Ravi de la décision du tribunal, Azzedine Taibi donne rendez-vous à la mairie de Stains aux habitants demain (mercredi 29 juin) à 19h15 juste avant le conseil municipal pour accrocher de nouveau la banderole.


 


Nadir Dendoune


Articles connexes


Banderole pour Barghouti : le maire de Stains attend du soutien pour son procès. 13-06-2016


La mairie de Stains contrainte d’enlever la banderole en soutien à Marwan Barghouti, le « Mandela palestinien ». 25-05-2016


Soutien à Barghouti : le maire de Stains accusé d’« apologie publique d’un acte terroriste ». 12-05-2016


Le maire de Stains devant le tribunal pour sa banderole en soutien à Marwan Barghouti, "le Mandela palestinien. 16-03-2016


 


 


 

Avatar photo

Nadir Dendoune

Nadir Dendoune est journaliste, chroniqueur, écrivain et réalisateur. Il collabore à la rédaction web du Courrier de l’Atlas, où il publie des chroniques et des récits mêlant engagement social, regard critique et expérience personnelle. Né à Saint-Denis de parents algériens, il s’est fait connaître du grand public par son parcours atypique et ses défis hors normes. Aventurier autodidacte, il entreprend un tour du monde à vélo avant de gravir l’Everest sans expérience préalable de l’alpinisme. Cette ascension donne naissance à son livre Un tocard sur le toit du monde (2010), récit autobiographique devenu un succès d’édition et adapté au cinéma en 2017 sous le titre L’Ascension.Auteur engagé, Nadir Dendoune explore dans ses ouvrages les thèmes de l’identité, de l’immigration et des fractures sociales. Dans Lettre ouverte à un fils d’immigré, il s’adresse à la jeunesse issue des quartiers populaires et interroge les déterminismes sociaux. Avec Journal de guerre d’un pacifiste, il revient sur son arrestation en Irak en 2003 alors qu’il servait de « bouclier humain », livrant un témoignage personnel sur la guerre et l’engagement. Il publie également Nos rêves de pauvres (2017), récit intime consacré à son père et à l’histoire de l’immigration algérienne en France.Son travail journalistique et littéraire se caractérise par une écriture directe, incarnée et accessible, nourrie d’expériences vécues. À travers ses chroniques et ses livres, il questionne les rapports de pouvoir, les inégalités sociales et la possibilité de s’affranchir des assignations.Au sein du Courrier de l’Atlas, il contribue au développement éditorial numérique et apporte une voix singulière, à la croisée du récit autobiographique, de l’analyse sociale et du témoignage engagé.