Pour le sénateur de Moselle Jean-Louis Masson « l’immigration d’aujourd’hui, ce sont les terroristes de demain »

 Pour le sénateur de Moselle Jean-Louis Masson « l’immigration d’aujourd’hui, ce sont les terroristes de demain »

Le sénateur de Moselle


 


Son immunité parlementaire le protège. Et c'est bien dommage. Le sénateur Jean-Louis Masson ne devrait pas être poursuivi pénalement pour ses propos au Sénat. 


 


Jean-Louis Masson, sénateur non inscrit de Moselle a réveillé le Sénat, ce mardi 13 octobre, en assurant que « l’immigration d’aujourd’hui, ce sont les terroristes de demain ». Rien que ça … Connu pour être proche de la droite dure,il s'est attiré les foudres de nombreux sénateurs après avoir prononcé un discours anti-immigration à la tribune du Sénat.



« On a l’impression qu’on ne peut pas avoir, dans notre société ou cette assemblée, un avis sur l’immigration qui soit divergeant de ce que pensent les soi-disant bien-pensants. Je le dis très clairement : je suis hostile à l’immigration pour des raisons conjoncturelles et structurelles a-t-il assuré lors de son discours.  « Actuellement, une veuve d’agriculteur touche beaucoup moins que ce que touche un immigré qui n’a jamais travaillé pour la France » a-t-il lancé, sous les applaudissements des deux sénateurs FN et les huées d’autres parlementaires de droite et de gauche, selon une vidéo publiée par le site de la chaîne Public Sénat.





« Tout à l’heure, on nous a dit que l’immigration avait conduit à des gens qui étaient de très bons Français, des Français remarquables. C’est vrai : Necker, Madame Curie, etc. C‘étaient des Français remarquables. Simplement, j’aurais aimé que la liste continue. Mohamed Merah, Amedy Coulibaly, ce sont les terroristes aujourd’hui ! L’immigration d’aujourd’hui, ce sont les terroristes de demain ! » a-t-il conclu, lui valant des propos acerbes de ses collègues.



Didier Guillaume, le président du groupe PS au Sénat a demandé au président (Les Républicains) du Sénat de « vérifier si les propos de notre collègue sont dans le champ de la République et nous en tirerons les conséquences », comprendre d’éventuelles sanctions. 



Pierre Laurent (Parti communiste) ce sont des « propos parfaitement scandaleux ». « On ne peut pas laisser passer une telle intervention dans l’enceinte d’une des chambres de la République. (… ) Il y a des limites qui ne sont pas acceptables ».



Du côté de Jean-Vincent Placé, président du groupe Europe-Ecologie Les Verts (EELV) « Comment peut-on tenir des propos de ce niveau-là, j’allais dire du niveau du café du commerce. Ce serait extrêmement méprisant pour les cafés, ce serait discourtois pour le commerce » lance-t-il. « On verra comment les propos seront qualifiés par le bureau. Racisme, xénophobie, stupidité, ignorance ? Comment peut-on raconter des bêtises pareilles ? ».



Le sénateur (Les Républicains) Philippe Bas a assuré que « notre travail, notre réflexion, nous conduisent naturellement à ne pas souscrire ni de près ni de loin à certains propos qui ont été justement dénoncés et qui ne sont pas les nôtres. Cette mise au point est indispensable et je m’en tiendrai là ».



On aimerait que ces condamnations verbales soient suivies d'actes. Par exemple, les sénateurs pourraient demander la levée de l'immunité parlementaire … Mais bon, on parie qu'on en parlera plus dans quelques jours …


 


Nadir Dendoune

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Nadir Dendoune

Nadir Dendoune est journaliste, chroniqueur, écrivain et réalisateur. Il collabore à la rédaction web du Courrier de l’Atlas, où il publie des chroniques et des récits mêlant engagement social, regard critique et expérience personnelle. Né à Saint-Denis de parents algériens, il s’est fait connaître du grand public par son parcours atypique et ses défis hors normes. Aventurier autodidacte, il entreprend un tour du monde à vélo avant de gravir l’Everest sans expérience préalable de l’alpinisme. Cette ascension donne naissance à son livre Un tocard sur le toit du monde (2010), récit autobiographique devenu un succès d’édition et adapté au cinéma en 2017 sous le titre L’Ascension.Auteur engagé, Nadir Dendoune explore dans ses ouvrages les thèmes de l’identité, de l’immigration et des fractures sociales. Dans Lettre ouverte à un fils d’immigré, il s’adresse à la jeunesse issue des quartiers populaires et interroge les déterminismes sociaux. Avec Journal de guerre d’un pacifiste, il revient sur son arrestation en Irak en 2003 alors qu’il servait de « bouclier humain », livrant un témoignage personnel sur la guerre et l’engagement. Il publie également Nos rêves de pauvres (2017), récit intime consacré à son père et à l’histoire de l’immigration algérienne en France.Son travail journalistique et littéraire se caractérise par une écriture directe, incarnée et accessible, nourrie d’expériences vécues. À travers ses chroniques et ses livres, il questionne les rapports de pouvoir, les inégalités sociales et la possibilité de s’affranchir des assignations.Au sein du Courrier de l’Atlas, il contribue au développement éditorial numérique et apporte une voix singulière, à la croisée du récit autobiographique, de l’analyse sociale et du témoignage engagé.