Régionales Île-de-France : une affiche du Front national fait polémique

 Régionales Île-de-France : une affiche du Front national fait polémique

Kelly Betesh


 


Ce lundi 9 novembre, le Front national a dévoilé ses affiches pour la campagne des régionales en Île-de-France. Une des affiches intitulée "Choisissez votre banlieue" montre deux jeunes filles : la première a un bonnet rouge sur la tête, on voit ses cheveux et deux drapeaux bleu, blanc, rouge sont peints sur ses joues ; l’autre jeune fille porte le niqab, on aperçoit tout de même ses yeux. 


 


On comprend tout de suite où le parti d’extrême droite veut en venir, n’hésitant pas à caricaturer la femme musulmane vivant dans les quartiers populaires et en faire d’elle une femme soumise. Sur Twitter, Wallerand de Saint-Just précise sa pensée : « Une femme opprimée comme on peut en voir dans nos banlieues face à une jeune femme libre : notre choix est fait ! », écrit le candidat aux régionales. Et de préciser sur France 3 : « C'est le choix entre la nation et le communautarisme ». « On a ici une jeune fille fraîche, libre qui porte un bonnet rouge, petite allusion à la Marianne républicaine », précise de son côté Aurélien Legrand, directeur de la campagne. « Et puis on a la même jeune fille en face qui elle a été rattrapée par la soumission et l'islamisme radical qui se développe malheureusement de plus en plus dans ces quartiers difficiles ». 



Kelly Betesh est aussi la femme au bonnet rouge que celle qui porte le niqab. Très mate de peau, on pourrait la prendre aisément pour une Maghrébine : elle est symbole de la dédiabolisation du parti entamée par Marine Le Pen. Etudiante en médecine, Kelly Betesh est aussi responsable du Front national dans les 5e et 6e arrondissements de Paris. Elle apparaît également sur une autre affiche de campagne qui promeut la ruralité.


Mais comme le rappelle Le Lab, cette jeune fille avait fait une sortie malheureuse sur Twitter il y a quelques mois, affirmant que le SIDA n’existait pas. « Je voulais expliquer qu'il y a des incohérences sur les modalités de dépistage, que dans un pays on peut être déclaré séropositif et dans un autre non », s’est justifiée la jeune femme sur le site. « J'ai écrit trop vite. Ça ne représente pas ma pensée. »


 


Nadir Dendoune


 

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Nadir Dendoune

Nadir Dendoune est journaliste, chroniqueur, écrivain et réalisateur. Il collabore à la rédaction web du Courrier de l’Atlas, où il publie des chroniques et des récits mêlant engagement social, regard critique et expérience personnelle. Né à Saint-Denis de parents algériens, il s’est fait connaître du grand public par son parcours atypique et ses défis hors normes. Aventurier autodidacte, il entreprend un tour du monde à vélo avant de gravir l’Everest sans expérience préalable de l’alpinisme. Cette ascension donne naissance à son livre Un tocard sur le toit du monde (2010), récit autobiographique devenu un succès d’édition et adapté au cinéma en 2017 sous le titre L’Ascension.Auteur engagé, Nadir Dendoune explore dans ses ouvrages les thèmes de l’identité, de l’immigration et des fractures sociales. Dans Lettre ouverte à un fils d’immigré, il s’adresse à la jeunesse issue des quartiers populaires et interroge les déterminismes sociaux. Avec Journal de guerre d’un pacifiste, il revient sur son arrestation en Irak en 2003 alors qu’il servait de « bouclier humain », livrant un témoignage personnel sur la guerre et l’engagement. Il publie également Nos rêves de pauvres (2017), récit intime consacré à son père et à l’histoire de l’immigration algérienne en France.Son travail journalistique et littéraire se caractérise par une écriture directe, incarnée et accessible, nourrie d’expériences vécues. À travers ses chroniques et ses livres, il questionne les rapports de pouvoir, les inégalités sociales et la possibilité de s’affranchir des assignations.Au sein du Courrier de l’Atlas, il contribue au développement éditorial numérique et apporte une voix singulière, à la croisée du récit autobiographique, de l’analyse sociale et du témoignage engagé.