Syrie: près de 60 civils tués par la coalition anti-EI

 Syrie: près de 60 civils tués par la coalition anti-EI

Sur un porte-avion de la coalition anti-EI


Eternel recommencement. Comme au temps de Georges Bush au début des années 2000, sous couvert de lutte anti terrorisme, nos gouvernements bombardent des villages et assassinent des civils. Mais ce ne sont pas des civils occidentaux, mais syriens, donc pour beaucoup, ces morts deviennent « acceptables ».


Près de 60 civils dont 11 enfants ont péri ce mardi 19 juillet dans des raids de la coalition menée par les Etats-Unis près d'un village tenu par le groupe Etat islamique (EI) dans la province d'Alep, selon l'Observatoire syrien des droits de l'Homme (OSDH). La haine engendre la haine. Je te tue, tu me tues. La guerre dite contre le terrorisme ne fait que renforcer le terrorisme.


Dans la capitale éponyme de cette même province du nord de la Syrie, un puissant groupe rebelle islamiste a annoncé le début de "la bataille" visant à briser le siège total que les forces du régime impose depuis peu sur les quartiers rebelles. Désormais assiégé, l'est d'Alep, contrôlé par les insurgés, a été encore visé mardi par de violents bombardements aériens, selon un correspondant de l'AFP. A quelque 100 km d'Alep, des avions de la coalition ont mené à l'aube des frappes alors que les habitants fuyaient les combats dans le village d'al-Toukhar, près du fief jihadiste de Minbej, a indiqué Rami Abdel Rahmane, directeur de l'OSDH. "Il y a eu au moins 56 morts civils, dont 11 enfants, et des dizaines de blessés, dont certains grièvement atteints", a précisé M. Abdel Rahmane qui s'appuie sur un vaste réseau de sources médicales et de militants à travers la Syrie.


"C'est vraisemblablement une erreur", a-t-il estimé.


Interrogée par l'AFP, la coalition a répondu par e-mail avoir "récemment" procédé à des frappes près de Minbej et être consciente des informations sur la mort de civils. "Nous allons examiner toutes les informations dont nous disposons sur l'incident", a indiqué la coalition. "Nous prenons toutes les dispositions pendant nos missions pour éviter ou minimiser les pertes civiles (…) et nous conformer aux principes du droit de la guerre". Amnesty International a exhorté la coalition à "redoubler d'effort pour empêcher la mort de civils et à enquêter sur de possibles violations du droit humanitaire international", expliquant qu'il s'agit "peut-être du bombardement le plus coûteux en vie de civils" par la coalition depuis le début en 2014 de ses opérations antijihadistes en Syrie. Selon l'OSDH, déjà lundi au moins 21 civils ont péri dans des raids de la coalition sur al-Toukhar et la localité stratégique de Minbej, visée depuis le 31 mai par une offensive terrestre des Forces démocratiques syriennes (FDS), une alliance de combattants arabes et kurdes de Syrie soutenue par les Etats-Unis.


Avec AFP


Nadir Dendoune

Avatar photo

Nadir Dendoune

Nadir Dendoune est journaliste, chroniqueur, écrivain et réalisateur. Il collabore à la rédaction web du Courrier de l’Atlas, où il publie des chroniques et des récits mêlant engagement social, regard critique et expérience personnelle. Né à Saint-Denis de parents algériens, il s’est fait connaître du grand public par son parcours atypique et ses défis hors normes. Aventurier autodidacte, il entreprend un tour du monde à vélo avant de gravir l’Everest sans expérience préalable de l’alpinisme. Cette ascension donne naissance à son livre Un tocard sur le toit du monde (2010), récit autobiographique devenu un succès d’édition et adapté au cinéma en 2017 sous le titre L’Ascension.Auteur engagé, Nadir Dendoune explore dans ses ouvrages les thèmes de l’identité, de l’immigration et des fractures sociales. Dans Lettre ouverte à un fils d’immigré, il s’adresse à la jeunesse issue des quartiers populaires et interroge les déterminismes sociaux. Avec Journal de guerre d’un pacifiste, il revient sur son arrestation en Irak en 2003 alors qu’il servait de « bouclier humain », livrant un témoignage personnel sur la guerre et l’engagement. Il publie également Nos rêves de pauvres (2017), récit intime consacré à son père et à l’histoire de l’immigration algérienne en France.Son travail journalistique et littéraire se caractérise par une écriture directe, incarnée et accessible, nourrie d’expériences vécues. À travers ses chroniques et ses livres, il questionne les rapports de pouvoir, les inégalités sociales et la possibilité de s’affranchir des assignations.Au sein du Courrier de l’Atlas, il contribue au développement éditorial numérique et apporte une voix singulière, à la croisée du récit autobiographique, de l’analyse sociale et du témoignage engagé.