Inès Boukhelifa, rayon de fraîcheur du film « Les SEGPA »

 Inès Boukhelifa, rayon de fraîcheur du film « Les SEGPA »

Archives personnelles d’Inès Boukhelifa (DR)

Dans le film « Les SEGPA » d’Ali Boughéraba et Hakim Boughéraba qui est sorti sur les écrans, Inès Boukhelifa y tient un rôle de petite peste. Un véritable rôle de composition pour celle qui par son jeu juste, campe un personnage bien loin d’elle !

Ce n’est qu’un début mais le premier rôle important d’Inès Boukhelifa risque fort de lui ouvrir de nouvelles portes.  L’amoureuse des arts en général comme elle se qualifie, arrive à exprimer l’un de ses nombreux talents créatifs.  » Je suis une passionnée de musique et de chant, indique la jeune comédienne. J’étais à la chorale depuis la primaire. Mes parents me disaient même que je chantais avant de savoir parler (rires) »

Native d’Aubervilliers, Inès Boukhelifa a passé la majorité de sa vie à Marseille. Et c’est d’ailleurs dans la ville phocéenne qu’elle va se découvrir sa passion pour le 7ème art. « J’avais en moi très jeune le ressenti de devenir actrice mais je voulais le confirmer. Lors de mon stage de 3ème, j’ai pu intégrer les services de la post-production de la série « Plus Belle La Vie » qui se déroule à Marseille. Très rapidement, je me suis rendu sur le plateau et je me suis senti bien. C’était magique de voir comment de l’écriture d’un scénario jusqu’à la promotion, on peut arriver à un tel résultat. »

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Le rêve qui prend le pas sur la « sécurité financière »

Cette passion de l’acting débute avec son entourage proche. Inès Boukhelifa est une bonne vivante qui aime perfectionner des blagues ou des imitations. « Très vite, j’ai acquis un talent pour l’observation. Je cherche le regard des autres bien sûr, mais ce métier est surtout une analyse de la vie et de ce qu’il se passe autour de soi. On se construit ainsi pour nos personnages. »

Après son bac ES, elle suit la voie de son père (l’avocat Hacen Boukhelifa, ndlr) en faisant du droit. Une volonté de sécurité financière qui étonne même ses parents. Au bout d’un an, la passion du cinéma revient à grand pas et elle entame des cours au sein de la Fabrique de l’acteur à Paris. « J’aime l’idée de m’imprégner de mes personnages, de les incarner et de les comprendre. On apprend à se connaître. Ce qui me plait dans cet art, c’est l’état de bouleversement qu’on vit à la fin d’un film. »

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Un premier long métrage appris en plein tournage

Inès Boukhelifa, rayon de fraicheur du film "Les SEGPA"
L’équipe de tournage du film (archives personnelles d’Inès Boukhelifa)

Sa « carrière » sur les écrans commence par un petit rôle de juive orthodoxe enceinte dans un moyen-métrage « Les Vertueuses », diffusé sur France 3. En parallèle, elle court les castings et s’essaye à celui du film d’Ali Boughéraba et Hakim Boughéraba. « J’ai appris que j’étais prise pour le rôle d’Anais alors que j’étais en plein tournage. Je ne pouvais pas sortir de mon rôle mais intérieurement, j’étais folle de joie ! »

Pour le film « les SEGPA », elle incarne une petite peste. Un personnage qui est très éloigné de sa vie au quotidien. « J’ai aimé trouver les ressorts de jeu de ce personnage. J’ai misé sur l’instinctif lors du tournage. Je conscientise beaucoup plus aujourd’hui tout le travail qu’un rôle représente. »

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Une vie de cinéma à 100%

Elle assure vivre tous ses instants de cinéma avec délectation. « En tournage, on vit presque en famille. Lors de la promotion, on partage avec le public et récolte les fruits de son travail. » Des plateaux à la promotion, Inès Boukhelifa vit son plaisir d’actrice à 100%. Après la comédie, elle avoue avoir un faible pour de futurs rôles plus dramatiques. « Je m’en sens capable. Le travail en profondeur de personnage torturée nécessite d’aller puiser toutes sortes d’émotions. J’aime garder en tête l’idée d’un projet dans sa globalité. Un film reste une collaboration. »

 

Yassir GUELZIM

Journaliste Print et web au Courrier de l'Atlas depuis 2017. Ancien de RFI, LCI, France Inter. Producteur et réalisateur (Arte Reportage, France24, France tv).