Jérusalem : plus de 180 blessés dans les heurts sur l’Esplanade des Mosquées

 Jérusalem : plus de 180 blessés dans les heurts sur l’Esplanade des Mosquées

Affrontement entre les forces de sécurité israéliennes et des manifestants palestiniens (illustration). Ahmad GHARABLI / AFP

Bouteilles et pierres contre grenades et balles en caoutchouc : des heurts entre Palestiniens et policiers israéliens survenus sur l’esplanade des Mosquées à Jérusalem ont fait 180 blessés côté palestinien ce vendredi (7 mai).

 

C’est un projet de colonisation qui a mis le feu aux poudres. En pleine dernière grande prière avant la fin du ramadan, des dizaines de milliers de fidèles s’étaient rassemblés sur l’esplanade des mosquées. En fin de journée, quand la majorité quittait les lieux, d’autres restaient sur place afin de protester contre la menace d’expulsion par la police israélienne de plusieurs familles du quartier arabe voisin de Cheikh Jarrah, au profit de colons juifs.

Le Croissant-Rouge palestinien a fait état de 178 manifestants blessés, dont plus de 80 ont dû être transportés à l’hôpital, tandis que la police israélienne a compté six blessés dans ses rangs.

L’Esplanade des Mosquées, appelée Mont du Temple par les juifs, est un lieu ultra-sensible surplombant la vieille ville de Jérusalem. Située dans le secteur oriental, palestinien, occupé et annexé illégalement par Israël depuis 1967, elle est le troisième lieu saint de l’islam après la Grande Mosquée de La Mecque et la mosquée du Prophète de Médine, en Arabie saoudite.

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Les règles tacites du statu quo hérité du conflit de 1967 autorisent les musulmans à monter à toute heure du jour et de la nuit sur l’esplanade et les juifs à y pénétrer à certaines heures mais sans y prier.

« Nous tenons Israël pour responsable des dangereux développements dans la Vieille Ville », a déclaré le président palestinien Mahmoud Abbas, qualifiant les Palestiniens rassemblés sur l’esplanade de « peuple héroïque ».

La Jordanie, gardienne des lieux saints musulmans à Jérusalem-Est, a dénoncé une « agression sauvage » de la part des forces de sécurité israéliennes.

Les manifestations de ce vendredi sont les plus violentes à Jérusalem depuis les heurts ayant fait 125 blessés fin avril, mais aussi depuis des échauffourées liées au transfert en 2018 de l’ambassade des Etats-Unis dans la ville disputée, voire à celles de l’été 2017 liées à la mise en place par Israël de détecteurs de métaux à l’entrée de l’Esplanade des mosquées.

Alliés clé d’Israël, les Etats-Unis ont appelé vendredi à la « désescalade » des tensions et à « éviter » l’éviction de familles palestiniennes.

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Nadir Dendoune

Nadir Dendoune est journaliste, chroniqueur, écrivain et réalisateur. Il collabore à la rédaction web du Courrier de l’Atlas, où il publie des chroniques et des récits mêlant engagement social, regard critique et expérience personnelle. Né à Saint-Denis de parents algériens, il s’est fait connaître du grand public par son parcours atypique et ses défis hors normes. Aventurier autodidacte, il entreprend un tour du monde à vélo avant de gravir l’Everest sans expérience préalable de l’alpinisme. Cette ascension donne naissance à son livre Un tocard sur le toit du monde (2010), récit autobiographique devenu un succès d’édition et adapté au cinéma en 2017 sous le titre L’Ascension.Auteur engagé, Nadir Dendoune explore dans ses ouvrages les thèmes de l’identité, de l’immigration et des fractures sociales. Dans Lettre ouverte à un fils d’immigré, il s’adresse à la jeunesse issue des quartiers populaires et interroge les déterminismes sociaux. Avec Journal de guerre d’un pacifiste, il revient sur son arrestation en Irak en 2003 alors qu’il servait de « bouclier humain », livrant un témoignage personnel sur la guerre et l’engagement. Il publie également Nos rêves de pauvres (2017), récit intime consacré à son père et à l’histoire de l’immigration algérienne en France.Son travail journalistique et littéraire se caractérise par une écriture directe, incarnée et accessible, nourrie d’expériences vécues. À travers ses chroniques et ses livres, il questionne les rapports de pouvoir, les inégalités sociales et la possibilité de s’affranchir des assignations.Au sein du Courrier de l’Atlas, il contribue au développement éditorial numérique et apporte une voix singulière, à la croisée du récit autobiographique, de l’analyse sociale et du témoignage engagé.