Maintien de l’ordre : Nuñez défend les armes intermédiaires

Le ministre français de l’Intérieur, Laurent Nuñez, lors de son audition devant la commission des lois de l’Assemblée nationale, à Paris, le 2 novembre 2026. Crédit : Kenzo Tribouillard / AFP
Le ministre de l’Intérieur confirme que les forces de l’ordre continueront d’utiliser des armes de force intermédiaire malgré les multiples accidents survenus ces derniers mois.
En bref
- Laurent Nuñez refuse de renoncer aux armes intermédiaires utilisées par les forces de l’ordre.
- Le ministre défend le recours aux gaz lacrymogènes malgré les interrogations sur leurs effets sanitaires.
- L’IGPN a ouvert 80 enquêtes depuis le début du mouvement lycéen, dont 20 pour blessures mutilantes.
- Plusieurs adolescents ont subi des blessures graves lors des mobilisations, notamment à la mâchoire, à l’œil et à la main.
- Le ministère de l’Intérieur a recensé 1 193 policiers et gendarmes blessés depuis le début du mouvement.
« Je ne renoncerai à aucun moyen intermédiaire (grenades, gaz lacrymogène…) pour la bonne et simple raison que les policiers ont besoin de se défendre quand ils sont pris à partie » lors des manifestations, maintenait hier (2 novembre) Laurent Nuñez.
Entendu dans le cadre d’une audition sur le budget 2027 du ministère de l’Intérieur, devant la commission des lois de l’Assemblée nationale, le ministre a été interpellé sur le dispositif de maintien de l’ordre et les graves blessures subies par les lycéens participant aux mobilisations.
Questionné par la députée LFI Gabrielle Cathala sur la « répression » policière, Laurent Nuñez balaie l’accusation d’un revers de main : « La répression, elle n’existe pas (…) Nous, on est là pour éviter les troubles à l’ordre public (…) Je suis content quand une manifestation arrive à son terme sans qu’on ait eu à faire usage de la force ».
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Gaz lacrymogène
Certaines femmes ont rapporté des troubles menstruels après les manifestations, pointant les effets néfastes des gaz lacrymogènes.
Interrogé sur la dangerosité de l’exposition à ces gaz, le ministre de l’Intérieur a expliqué ne pas avoir eu « connaissance du caractère nocif du gaz lacrymogène, qui est l’armement intermédiaire de base ».
Par ailleurs, Laurent Nuñez a même révélé que « en 2021-2022, on a réalisé un certain nombre d’études et il n’y avait pas d’atteintes constatées, et au contraire même, les effets disparaissent très rapidement ».
S’appuyant sur les résultats de ces études, il reste fermement attaché à l’utilisation du gaz lacrymogène.
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Blessures mutilantes
Depuis le début du mouvement lycéen, l’Inspection générale de la police nationale (IGPN) a ouvert 80 enquêtes, dont 20 pour des « blessures mutilantes » susceptibles d’avoir occasionné des séquelles permanentes.
Le 28 septembre, à Saint-Ouen-l’Aumône (Val-d’Oise), un policier tirait une grenade lacrymogène, avec son lance-grenades Cougar, dans le visage d’un lycéen de 14 ans, à bout portant. Bilan : double fracture de la mâchoire.
Le 30 septembre, à Tours, un adolescent a été éborgné par un tir de LBD en marge d’un blocus lycéen.
Le 5 octobre, à Lens, un lycéen de 15 ans a eu la main arrachée après l’explosion d’une grenade assourdissante.
Sept cas de blessures mutilantes ont été recensés dans les premières mobilisations lycéennes, puis neuf cas le 17 octobre et quatre le 24 octobre.
Parallèlement, le ministère de l’Intérieur indiquait que 1 193 policiers et gendarmes avaient été blessés depuis le début du mouvement.
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Vos questions sur le maintien de l’ordre et les armes intermédiaires
Que sont les armes intermédiaires utilisées par les forces de l’ordre ?
Il s’agit notamment des grenades et des gaz lacrymogènes, dont Laurent Nuñez défend le maintien dans le dispositif de maintien de l’ordre.
Quelle est la position de Laurent Nuñez sur les gaz lacrymogènes ?
Le ministre affirme ne pas avoir eu connaissance de leur caractère nocif et s’appuie sur des études réalisées en 2021-2022 pour justifier leur utilisation.
Combien d’enquêtes l’IGPN a-t-elle ouvertes depuis le début du mouvement lycéen ?
L’Inspection générale de la police nationale a ouvert 80 enquêtes, dont 20 concernant des blessures mutilantes susceptibles d’avoir entraîné des séquelles permanentes.
Quelles blessures ont été recensées chez les lycéens ?
Un adolescent de 14 ans a subi une double fracture de la mâchoire à Saint-Ouen-l’Aumône, un autre a été éborgné à Tours et un lycéen de 15 ans a eu la main arrachée à Lens.
Combien de policiers et de gendarmes ont été blessés ?
Le ministère de l’Intérieur a indiqué que 1 193 policiers et gendarmes avaient été blessés depuis le début du mouvement.
