Manifestations lycéennes : des experts de l’ONU « consternés » par la violence de la répression

 Manifestations lycéennes : des experts de l’ONU « consternés » par la violence de la répression

Les experts de l’ONU se sont dits « consternés » par la répression des manifestations lycéennes en France.

Violences policières, mineurs mutilés, quatre rapporteurs de l’ONU se sont dits « consternés » par la réponse répressive aux revendications et manifestations des lycéens et des étudiants.

En bref

  • Quatre rapporteurs spéciaux de l’ONU dénoncent la répression des manifestations lycéennes et étudiantes en France.
  • Le mouvement lycéen a débuté à la mi-septembre et atteint son point d’orgue le 17 octobre.
  • 2 331 gardes à vue ont été annoncées après le week-end des 17 et 18 octobre, dont 30 % de mineurs.
  • Une adolescente de 17 ans a perdu un œil après avoir été blessée par un projectile des forces de l’ordre.
  • Les experts jugent disproportionnées les interpellations et les gardes à vue et alertent sur les libertés fondamentales.

 

« Recours excessif à la force, violences et interpellations massives ne sont pas des réponses appropriées à un mouvement social de contestation dans un État de droit » s’indignaient hier (28 octobre), dans un communiqué, des rapporteurs spéciaux de l’ONU après la répression des manifestations déclenchées par la colère des lycéens en France. Le mouvement lycéen a débuté mi-septembre pour atteindre son point d’orgue le 17 octobre. Les experts pointaient la gestion du gouvernement et regrettaient que « la priorité accordée à une réponse principalement sécuritaire aux manifestations ait conduit à reléguer au second plan les causes profondes de la mobilisation ». Après le week-end du 17-18 octobre, Gérald Darmanin annonçait 2 331 gardes à vue, dont 30 % de mineurs.

Revendications légitimes

« Nous sommes consternés par le niveau de violence subi par les lycéens et étudiants qui manifestent dans toute la France pour réclamer ce qui leur est dû de longue date : un système éducatif qui fonctionne, des conditions matérielles d’éducation dignes, des rythmes scolaires et universitaires adaptés, et l’égalité territoriale et sociale dans l’accès à une éducation de qualité, notamment » expliquaient les rapporteurs spéciaux. Ils rappelaient également que ce sont des revendications qui sont portées « depuis longtemps par les enseignants ». Lundi (26 octobre), Sébastien Lecornu annonçait huit mesures, dont la refonte de Parcoursup, pour répondre aux revendications. Insuffisant pour les lycéens et étudiants.

Enquêtes

« Les blessures graves et, dans certains cas, irréversibles subies par des manifestants mineurs dans le cadre d’opérations de maintien de l’ordre sont inacceptables et injustifiables » relevaient les experts. Lors de la mobilisation du 17 octobre, une adolescente de 17 ans a perdu un œil après avoir été blessée par un projectile lancé par les forces de l’ordre. Mardi (27 octobre), la jeune fille a confié son intention de porter plainte. Une enquête a été ouverte et confiée à l’IGPN. Tout en condamnant les actes de violences ayant laissé des bâtiments endommagés et des commerces vandalisés, les experts mettent en garde contre une réponse sécuritaire pouvant nuire aux libertés fondamentales : « l’ampleur des interpellations et des gardes à vue (…) apparaît disproportionnée et a pour conséquence de dissuader l’exercice des libertés d’expression et de réunion pacifique des manifestants ».

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Vos questions sur la répression des manifestations lycéennes

Pourquoi les rapporteurs de l’ONU sont-ils consternés ?

Ils dénoncent le niveau de violence subi par les lycéens et les étudiants, ainsi que le recours à la force, les violences et les interpellations massives.

Quelles sont les revendications des lycéens et des étudiants ?

Ils réclament un système éducatif fonctionnel, des conditions matérielles d’éducation dignes, des rythmes scolaires et universitaires adaptés et l’égalité territoriale et sociale dans l’accès à une éducation de qualité.

Combien de gardes à vue ont été annoncées après le 17 octobre ?

Gérald Darmanin a annoncé 2 331 gardes à vue après le week-end des 17 et 18 octobre, dont 30 % de mineurs.

Que s’est-il passé lors de la manifestation du 17 octobre ?

Une adolescente de 17 ans a perdu un œil après avoir été blessée par un projectile lancé par les forces de l’ordre. Une enquête a été confiée à l’IGPN.

Que dénoncent les experts concernant les gardes à vue ?

Ils estiment que l’ampleur des interpellations et des gardes à vue apparaît disproportionnée et risque de dissuader l’exercice des libertés d’expression et de réunion pacifique.

 

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Charly Célinain

Charly Celinain est journaliste pour la rédaction web du Courrier de l’Atlas. Il participe à la production d’articles et réalise des vidéos d’actualité et de décryptage pour le site et les réseaux sociaux du média.