Les violeurs ne pourront plus échapper à une condamnation en se mariant avec leurs victimes

 Les violeurs ne pourront plus échapper à une condamnation en se mariant avec leurs victimes

Installation de robes de mariée de l’artiste libanaise Mireille Honein et de l’ONG Abaad sur la Corniche de Beyrouth


Cette loi inique datait de 1940. Le parlement libanais vient enfin d'y mettre un terme. Comme la Jordanie en début du mois, les députés du pays du Cèdre ont abrogé ce mercredi 16 août cette loi qui offrait une protection juridique aux délinquants sexuels.


Mais cela n'a pas été facile. C’est le résultat d’un long combat mené par les organisations de défense des droits des femmes. Au Liban, les violeurs ne pourront désormais plus éviter la prison en épousant leurs victimes, comme il l'était permis auparavant.


L’article 522 du code pénal libanais concernait différents crimes, tels que les viols, les agressions, les rapts et les mariages forcés. Il stipulait que si "un mariage valide est contracté entre l’auteur d’un de ces crimes et la victime, les poursuites cessent, et si un verdict a déjà été prononcé, son application est suspendue".


Déjà en février, sous la pression d’une campagne menée par la société civile, une commission parlementaire avait approuvé la suppression de cet article de loi. Mais elle devait encore être entérinée par le Parlement pour entrer en vigueur.


"Félicitations aux femmes du Liban. Le vote d’aujourd’hui est une victoire pour la dignité des femmes", a écrit, sur sa page Facebook, l’association Abaad, qui se mobilise depuis des mois contre cette loi controversée.


S’il n’existe aucune statistique officielle sur le nombre de violeurs ayant échappé à des poursuites en épousant leur victime, cette pratique était surtout attestée dans les zones rurales du pays, selon les associations.

 


Le Liban rejoint ainsi le Maroc, l’Egypte et la Tunisie – qui a abrogé la loi en juillet. Le Parlement jordanien a, lui aussi, voté la suppression de l’article 308 de son code pénal, le 1er août.


"Bravo la Jordanie pour avoir abrogé l’odieux article 308 (…) Les pays arabes doivent suivre. Les femmes ne sont PAS une propriété", avait alors lancé, sur Twitter, Sarah Leah Whitson, de l’organisation non gouvernementale Human Rights Watch (HRW).


Selon HRW, plusieurs pays arabes conservent de telles législations, dont l’Algérie, l’Irak, la Libye, la Syrie, le Koweït et les Territoires palestiniens. C’est également le cas dans plusieurs pays d’Amérique latine, aux Philippines et au Tadjikistan.


Nadir Dendoune

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Nadir Dendoune

Nadir Dendoune est journaliste, chroniqueur, écrivain et réalisateur. Il collabore à la rédaction web du Courrier de l’Atlas, où il publie des chroniques et des récits mêlant engagement social, regard critique et expérience personnelle. Né à Saint-Denis de parents algériens, il s’est fait connaître du grand public par son parcours atypique et ses défis hors normes. Aventurier autodidacte, il entreprend un tour du monde à vélo avant de gravir l’Everest sans expérience préalable de l’alpinisme. Cette ascension donne naissance à son livre Un tocard sur le toit du monde (2010), récit autobiographique devenu un succès d’édition et adapté au cinéma en 2017 sous le titre L’Ascension.Auteur engagé, Nadir Dendoune explore dans ses ouvrages les thèmes de l’identité, de l’immigration et des fractures sociales. Dans Lettre ouverte à un fils d’immigré, il s’adresse à la jeunesse issue des quartiers populaires et interroge les déterminismes sociaux. Avec Journal de guerre d’un pacifiste, il revient sur son arrestation en Irak en 2003 alors qu’il servait de « bouclier humain », livrant un témoignage personnel sur la guerre et l’engagement. Il publie également Nos rêves de pauvres (2017), récit intime consacré à son père et à l’histoire de l’immigration algérienne en France.Son travail journalistique et littéraire se caractérise par une écriture directe, incarnée et accessible, nourrie d’expériences vécues. À travers ses chroniques et ses livres, il questionne les rapports de pouvoir, les inégalités sociales et la possibilité de s’affranchir des assignations.Au sein du Courrier de l’Atlas, il contribue au développement éditorial numérique et apporte une voix singulière, à la croisée du récit autobiographique, de l’analyse sociale et du témoignage engagé.