Concert de Massive Attack à Singapour : un drapeau palestinien et une convocation au commissariat

 Concert de Massive Attack à Singapour : un drapeau palestinien et une convocation au commissariat

Massive Attack en concert à Singapour, le 29 juillet 2026. Deux membres du groupe ont brandi un drapeau palestinien sur scène.

À Singapour, on peut jouer Teardrop devant des milliers de personnes. Mais gare à celui qui laisserait tomber un drapeau palestinien sur scène : le rappel se termine au commissariat. Le groupe britannique Massive Attack vient d’en faire l’expérience.

En bref

  • Deux membres de Massive Attack ont brandi un drapeau palestinien et lancé un « Free Palestine » lors d’un concert à Singapour.
  • Les autorités singapouriennes ont ouvert une enquête et adressé un avertissement officiel au groupe.
  • Les deux musiciens se sont vu interdire de revenir sur le territoire.
  • Massive Attack affiche depuis longtemps son engagement en faveur d’un cessez‑le‑feu à Gaza.
  • Le groupe dénonce cette procédure, estimant que le simple fait de brandir le drapeau d’un État reconnu par 157 pays ne devrait pas constituer une infraction.

 


Le 29 juillet, lors d’un concert au State Theater, deux de ses membres brandissent un drapeau palestinien et lancent un « Free Palestine ». Rideau. Pas sur le concert, mais sur leur avenir dans la cité-État.

Quelques jours plus tard, les autorités annoncent la couleur : avertissement officiel, enquête, interdiction de revenir sur le territoire pour les deux musiciens. Motif ? Avoir exhibé un « drapeau étranger » et importé de la « politique étrangère ».

À Singapour, les frontières sont tellement bien gardées qu’elles s’étendent jusqu’aux scènes de concert.

Les autorités invoquent l’harmonie raciale et religieuse

Le plus savoureux reste l’argument officiel. Selon la police, il s’agit de préserver « l’harmonie raciale et religieuse » et d’éviter que des conflits internationaux ne viennent troubler la paix locale. Traduction : si le monde brûle, merci de laisser l’incendie à la douane.

Massive Attack, qui n’a jamais fait mystère de son engagement en faveur d’un cessez-le-feu à Gaza, dit avoir vécu une « expérience surréaliste ».

Les musiciens racontent avoir été séparés, interrogés individuellement, certains fouillés jusque dans leur chambre d’hôtel, avec confiscation temporaire des passeports.

Une procédure qui ressemble davantage au traitement réservé à des trafiquants qu’à des artistes ayant brandi le drapeau d’un territoire reconnu par plus de 150 États.

Une affaire qui interroge la liberté d’expression artistique

La réponse du groupe claque comme une caisse claire : « Nous n’imaginions pas que le simple fait de brandir le drapeau d’un État souverain reconnu par 157 pays puisse enfreindre une quelconque loi. » Manifestement, à Singapour, un morceau de tissu peut être considéré comme une arme de déstabilisation massive.

L’affaire raconte surtout une époque où un slogan de trois syllabes semble parfois plus dangereux qu’une rafale de bombes. Les concerts deviennent des zones sous surveillance politique, les artistes sont priés de rester dans leur partition et les drapeaux sont soumis à un contrôle plus strict que certaines vérités.

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Vos questions sur l’affaire Massive Attack à Singapour

Pourquoi Massive Attack est-il visé à Singapour ?

Parce que deux de ses membres ont brandi un drapeau palestinien et lancé un « Free Palestine » lors d’un concert.

Quelles mesures ont été prises ?

Les autorités ont annoncé un avertissement officiel, une enquête et une interdiction de retour visant les deux musiciens.

Quelle est la justification des autorités ?

Elles invoquent la préservation de « l’harmonie raciale et religieuse » et le refus d’importer des conflits internationaux.

Comment le groupe a-t-il réagi ?

Massive Attack affirme avoir vécu une « expérience surréaliste » et conteste le fondement de cette procédure.

Pourquoi cette affaire suscite-t-elle des réactions ?

Elle relance le débat sur la liberté d’expression artistique et les limites imposées aux prises de position politiques sur scène.

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Nadir Dendoune

Nadir Dendoune est journaliste, chroniqueur, écrivain et réalisateur. Il collabore à la rédaction web du Courrier de l’Atlas, où il publie des chroniques et des récits mêlant engagement social, regard critique et expérience personnelle. Né à Saint-Denis de parents algériens, il s’est fait connaître du grand public par son parcours atypique et ses défis hors normes. Aventurier autodidacte, il entreprend un tour du monde à vélo avant de gravir l’Everest sans expérience préalable de l’alpinisme. Cette ascension donne naissance à son livre Un tocard sur le toit du monde (2010), récit autobiographique devenu un succès d’édition et adapté au cinéma en 2017 sous le titre L’Ascension.Auteur engagé, Nadir Dendoune explore dans ses ouvrages les thèmes de l’identité, de l’immigration et des fractures sociales. Dans Lettre ouverte à un fils d’immigré, il s’adresse à la jeunesse issue des quartiers populaires et interroge les déterminismes sociaux. Avec Journal de guerre d’un pacifiste, il revient sur son arrestation en Irak en 2003 alors qu’il servait de « bouclier humain », livrant un témoignage personnel sur la guerre et l’engagement. Il publie également Nos rêves de pauvres (2017), récit intime consacré à son père et à l’histoire de l’immigration algérienne en France.Son travail journalistique et littéraire se caractérise par une écriture directe, incarnée et accessible, nourrie d’expériences vécues. À travers ses chroniques et ses livres, il questionne les rapports de pouvoir, les inégalités sociales et la possibilité de s’affranchir des assignations.Au sein du Courrier de l’Atlas, il contribue au développement éditorial numérique et apporte une voix singulière, à la croisée du récit autobiographique, de l’analyse sociale et du témoignage engagé.