Forte mobilisation pour éviter l’expulsion d’une famille kosovare

 Forte mobilisation pour éviter l’expulsion d’une famille kosovare

La famille Déli


La famille Déli, originaire du Kosovo, arrivée en France il y a 3 ans, pourrait être expulsée de son logement dans les jours à venir. Ce mercredi 26 juillet, des dizaines de personnes se sont rassemblées devant leur immeuble à Allonnes près du Mans (Sarthe). Youssef Ben Amar, conseiller municipal de la ville était présent. 


LCDL : Pourquoi cette famille est en passe d'être expulsée ? 


Youssef Ben Amar : Cette famille a fait deux demandes d’asile auprès de l’OFRPA (NDLR :Office Français de Protection des Réfugiés et Apatrides). A deux reprises rejetées. Durant l’instruction de ces demandes, la famille a bénéficié d’un accompagnement au logement via une association par l’allocation du demandeur d’asile. C’est dans ce cadre que la famille Déli est à Allonnes depuis bientôt 3 ans dans un appartement du bailleur social géré par l’association. La famille s’est intégrée et a créé du lien social comme n’importe quel habitant de la ville. Les enfants sont scolarisés, ils pratiquent du sport etc.


N’ayant pas obtenu le statut de demandeur d’asile, ils ne peuvent plus bénéficier de l’aide au logement et sont condamnés à l’expulsion dans un premier temps du logement. Tout s’enchaine vite, l’huissier passe le lundi pour vous notifier « le commandement de quitter les lieux » et le jeudi ils peuvent venir avec la police vous expulser du logement. 


Vous êtes aux avant-postes pour annuler la procédure d'expulsion. Pourquoi ? 


La famille Déli est originaire du Kosovo. Une population qui a subi une épuration ethnique. Il est important de réaffirmer que ces populations ne viennent pas par plaisir pour faire du tourisme. Leur demande d'asile est légitime. Ils craignent pour leurs vies, voilà le point de départ ! Je me bats modestement pour demander de l’humanité et rendre un peu de dignité à cette famille.


Le préfet doit annuler l’expulsion de leur logement, pour les rasions énoncées juste un peu plus haut mais aussi parce que la maman est malade et que dans le contexte de canicule, nous ne pouvons pas imaginer que cette famille puisse se retrouver à la rue.


Je pose la question du déplacement des Femmes et des Hommes à travers la planète, pourquoi le capitalisme qui prône la libre circulation des personnes, des capitaux et autre biens à travers le monde ne peut se faire que dans un sens. Pourquoi ceux qui dominent sont libres de se déplacer comme bon leur semble et les autres sont tributaires des besoins et envies des premiers ?


La procédure semble suspendue. Craignez-vous qu'elle ait quand même lieu ?  


Elle est suspendue pour la semaine de canicule mais dès la semaine prochaine, la procédure redémarre avec une re-visite de l’huissier pour signifier de nouveau l’expulsion. En gros, on prend les mêmes et on recommence malheureusement. 


Quels sont les moyens dont vous disposez pour empêcher l'expulsion ? 


Notre marge de manœuvre est limitée car la seule personne en mesure de lever l’expulsion est le préfet. C’est la raison pour laquelle nous lui écrivons et médiatisons l’affaire car beaucoup de ces situations se passent l’été quand peu de gens sont mobilisables, sous silence. Faire du bruit est un outil pour mettre la pression et faire de la question humaine tout sauf un choix administratif. 


 

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Nadir Dendoune

Nadir Dendoune est journaliste, chroniqueur, écrivain et réalisateur. Il collabore à la rédaction web du Courrier de l’Atlas, où il publie des chroniques et des récits mêlant engagement social, regard critique et expérience personnelle. Né à Saint-Denis de parents algériens, il s’est fait connaître du grand public par son parcours atypique et ses défis hors normes. Aventurier autodidacte, il entreprend un tour du monde à vélo avant de gravir l’Everest sans expérience préalable de l’alpinisme. Cette ascension donne naissance à son livre Un tocard sur le toit du monde (2010), récit autobiographique devenu un succès d’édition et adapté au cinéma en 2017 sous le titre L’Ascension.Auteur engagé, Nadir Dendoune explore dans ses ouvrages les thèmes de l’identité, de l’immigration et des fractures sociales. Dans Lettre ouverte à un fils d’immigré, il s’adresse à la jeunesse issue des quartiers populaires et interroge les déterminismes sociaux. Avec Journal de guerre d’un pacifiste, il revient sur son arrestation en Irak en 2003 alors qu’il servait de « bouclier humain », livrant un témoignage personnel sur la guerre et l’engagement. Il publie également Nos rêves de pauvres (2017), récit intime consacré à son père et à l’histoire de l’immigration algérienne en France.Son travail journalistique et littéraire se caractérise par une écriture directe, incarnée et accessible, nourrie d’expériences vécues. À travers ses chroniques et ses livres, il questionne les rapports de pouvoir, les inégalités sociales et la possibilité de s’affranchir des assignations.Au sein du Courrier de l’Atlas, il contribue au développement éditorial numérique et apporte une voix singulière, à la croisée du récit autobiographique, de l’analyse sociale et du témoignage engagé.