Violences sur les femmes migrantes : souffrance « invisible »

 Violences sur les femmes migrantes : souffrance « invisible »

Une migrante s’apprêtant à quitter le centre d’accueil “Jules Ferry” à Calais


Etre demandeuse d’asile, là encore les femmes sont plus exposées aux violences. C’est ce que révèle un rapport de France Terre d’Asile paru fin avril.


Difficultés supplémentaires


Si la condition de demandeur d’asile expose à de nombreuses difficultés, les demandeuses d’asile rencontrent des obstacles, voire des dangers, supplémentaires. Dans le rapport sur « Les violences à l’égard des femmes demandeuses d’asile et réfugiées en France » de l’association France Terre d’Asile, le constat est plus qu’inquiétant. Réalisée entre novembre 2017 et mars 2018, principalement dans la région Île-de-France, cette étude met en exergue les violences subies mais surtout les réponses peu nombreuses et peu adaptées à ce problème.


Peur


Situations d’exploitation sexuelle, agressions physiques et sexuelles liées au fait de devoir dormir dans la rue, les mariages ou les grossesses « arrangées » pour obtenir plus facilement un hébergement ou un titre de séjour, les migrantes sont particulièrement exposées. La nécessité de trouver un hébergement peut conduire à des situations extrêmes desquelles il est compliqué de se sortir : « la peur de perdre leur titre de séjour ou protection internationale lorsque ces derniers sont rattachés à celui ou celle de leur conjoint et le fait de croire qu’une plainte ou une main courante risquent d’avoir un impact négatif sur leur demande d’asile ».


Invisibilisation


L’étude met également en avant les limites des structures accueillant les migrants dans lesquelles hommes et femmes doivent parfois partager des zones communes comme les douches ou salles de bain. Des zones de danger potentiel pour les femmes. De plus, les professionnels travaillant dans ces structures ne sont pas systématiquement formés aux problématiques de violence de genre. Cette méconnaissance entraîne une autre problématique : « Ce défaut de formation, couplé au manque de prise en compte systématique de la problématique, se traduit par une « invisibilisation » des violences ».


Connaître les lois


Selon les propos recueillis auprès de femmes pour l’étude, il y a un véritable défaut d’informations sur les lois françaises. Ces femmes ont émis le souhait d’avoir plus « d’espaces d’échanges entre femmes » et surtout d’avoir des « informations claires concernant les lois qui les protègent face aux violences et les acteurs disponibles ».


Préconisations


L’étude lance plusieurs pistes pour combattre cette violence faite envers les migrantes. Outre une meilleure informations sur les lois et un meilleur aménagement des centres d’accueil, la question de la prise en charge des victimes est primordiale. « un accès facilité aux structures d’appui et autorités compétentes, une meilleure prise en charge médicale, ainsi que des possibilités d’accès au séjour effectives pour les femmes victimes » voici, notamment, ce que préconise l’étude, de laquelle les sénateurs pourraient peut-être tirer un ou deux enseignements, avant l’examen de la loi « asile et immigration » en juin prochain.


Charly Célinain


Rapport complet disponible sur le site de France Terre d’Asile

Charly Celinain

Charly Celinain