Mort d’Adama Traoré : la justice lance de nouvelles investigations

 Mort d’Adama Traoré : la justice lance de nouvelles investigations

Assa Traoré (2e Dr) pendant une une marche réclamant la vérité sur la mort de son frère Adama, à Paris, le 30 juillet , 2016. Photo DOMINIQUE FAGET / AFP

Les juges d’instruction ont demandé de nouvelles investigations dans l’enquête sur la mort d’Adama Traoré. Le jeune homme est décédé le 19 juillet 2016, juste après son interpellation. La justice veut se pencher sur le passé du jeune homme, ainsi que sur d’éventuels liens avec les gendarmes.

 

Après plusieurs rebondissements en quatre ans, l’enquête sur la mort d’Adama Traoré se poursuit. La nouvelle enquête portera sur le passé du jeune homme, mais également sur le passé de ceux qui l’ont interpellé. Elle cherchera à déterminer leurs éventuels liens. Cette procédure demandée par l’avocat de la famille Traoré, Me Yassine Bouzrou, vise à établir s’il y avait un contentieux entre la victime et les gendarmes qui l’ont interpellée.

Tous les antécédents judiciaires ou procédures dans lesquelles Adama Traoré a été impliqué seront donc joints au dossier. Il en est de même pour les antécédents judiciaires des trois gendarmes mis en cause et la liste des policiers qui l’avaient interpellé.

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Les juges d’instruction ont en revanche refusé pour l’instant la reconstitution des faits demandée de manière répétée par Me Bouzrou. Ils expliquent qu’ils se prononceraient en 2021 sur le sujet après la nouvelle expertise médicale confiée à quatre médecins belges. Ils ont également refusé le dessaisissement de l’enquête de l’Inspection générale de la gendarmerie nationale (IGGN). Cette dernière se voit donc confier l’ensemble des nouvelles investigations, parmi lesquelles le travail d’identification de nouveaux témoins qui auraient pu assister à la première arrestation du jeune homme.

Des années de mobilisation

Cela faisait plusieurs années que la famille Traoré réclamait. Elle y voit aujourd’hui une « avancée positive ». L’avocat s’interroge néanmoins sur l’agenda des juges d’instruction. Ils ne débloquent selon lui le dossier « qu’après quatre années d’inertie et des manifestations dénonçant le déni de justice » et les violences policières.

La famille du jeune noir a en effet pu compter sur la vague mondiale de mobilisation #blacklivesmatter déclenchée par la mort de l’Afro-américain Georges Floyd pendant son interpellation par la police de Minneapolis.

Mohamed C.