Hommage pour Bayonne : Le chef de l’opposition Julien Mugerin répond aux accusations

 Hommage pour Bayonne : Le chef de l’opposition Julien Mugerin répond aux accusations


Il y a quelques jours, dans ces mêmes colonnes, nous vous relations la réunion du conseil municipal de Stains (93) qui s’est tenue ce jeudi 21 novembre. Une réunion où une élue d’opposition Marie-Claude Gourea avait rechigné à se lever pour observer une minute de silence en hommage « aux victimes de l’attentat de la mosquée de Bayonne ». Nos tentatives pour joindre un membre de l’opposition avaient été vaines. Leur leader, Julien Mugerin, nous a enfin contactés. 


 


Plusieurs témoins affirment que Marie-Claude Gourea, élue d’opposition, est restée assise au moment de la minute de silence en hommage aux victimes de l’attentat de Bayonne. Ils précisent que sans votre intervention, elle ne se serait pas levée. Comprenez-vous alors que certains soient choqués par son refus ?


La démarche du Maire de Stains rencontre plusieurs problèmes de forme qui ont créé une grande confusion au cours de la séance. Il est d’usage d’observer une minute de silence en mémoire de personnes décédées : il se trouve qu’heureusement aucun décès n’est à compter dans ce drame. Mais surtout, un hommage se propose dans un instant de cohésion républicaine. Or, dans un enregistrement que je tiens à votre disposition, le Maire n’a pas créé les conditions du rassemblement, préférant entretenir la polémique, accumulant les mensonges et dans un vacarme indécent. Cette attitude n’est pas à la hauteur des événements qu’ont vécus les musulmans de Bayonne. J’ai personnellement condamné l’attaque de la mosquée de Bayonne avec le soutien de mes élus et manifesté notre solidarité à l’égard des victimes.


 


Pourquoi l’opposition a-t-elle décidé de quitter le conseil municipal ?


 


Le Maire de Stains et certains de ses proches partisans ont décidé de transformer l’élection municipale en un débat pour ou contre les musulmans. Ces affaires sont montées de toute pièce pour masquer les difficultés rencontrées par le Maire pour sa réélection et les échecs de son mandat. L’opposition a donc attendu la fin de cette minute de silence pour quitter le conseil, considérant qu’Azzédine Taïbi avait transformé ce qui devait être une séance de travail et de délibération, en une tribune politique où le public avait le droit de manifester et où il pouvait accuser l’opposition en toute malhonnêteté et ne pas nous laisser répondre. Devant cette attitude indigne, nous avons préféré quitter le conseil.


 


Dans le public, plusieurs personnes ont brandi des photos où on vous voit poser avec Eric Zemmour.


Effectivement. Cette photo est réelle, ce n’est pas un montage. Elle a été prise en 2011 à l’issue d’un plateau télé alors que le polémiste était la star du service public, de la 1re radio de France, mais surtout, ne tenait pas les propos obscurs qu’il tient aujourd’hui. Elle a depuis été masquée de mon compte alors pourquoi l’avoir déterrée des méandres de l’oubli et la sortir de son contexte, si ce n’est par malhonnêteté intellectuelle ou pour servir un but précis ?


 


On vous accuse aussi d’être islamophobe, vous auriez relayé plusieurs fois sur votre compte Facebook des publications en ce sens.


Il y a eu des commentaires haineux envers les musulmans en 2016 sur ma page Facebook. Mais ces commentaires, je les ai toujours condamnés. Voulant bien faire, à l’époque, j’ai refusé de les effacer pour ne pas supprimer la trace de ceux qui les avaient proférés et laisser la possibilité à une association de saisir les tribunaux. J’ai appris par la suite que je n’aurais pas dû procéder de la sorte. Avec Marie-Claude Goureau, je refuse cette manipulation dangereuse. Nous refusons avec la même force l’Islam politique que l’islamophobie. Pas de place pour les extrêmes, dans ma ville ! Ce que nous voulons, c’est une ville fière et belle de son vivre ensemble, où un Stanois est un Stanois, sans préjudice ni favoritisme selon son origine, sa religion, son quartier.

Avatar photo

Nadir Dendoune

Nadir Dendoune est journaliste, chroniqueur, écrivain et réalisateur. Il collabore à la rédaction web du Courrier de l’Atlas, où il publie des chroniques et des récits mêlant engagement social, regard critique et expérience personnelle. Né à Saint-Denis de parents algériens, il s’est fait connaître du grand public par son parcours atypique et ses défis hors normes. Aventurier autodidacte, il entreprend un tour du monde à vélo avant de gravir l’Everest sans expérience préalable de l’alpinisme. Cette ascension donne naissance à son livre Un tocard sur le toit du monde (2010), récit autobiographique devenu un succès d’édition et adapté au cinéma en 2017 sous le titre L’Ascension.Auteur engagé, Nadir Dendoune explore dans ses ouvrages les thèmes de l’identité, de l’immigration et des fractures sociales. Dans Lettre ouverte à un fils d’immigré, il s’adresse à la jeunesse issue des quartiers populaires et interroge les déterminismes sociaux. Avec Journal de guerre d’un pacifiste, il revient sur son arrestation en Irak en 2003 alors qu’il servait de « bouclier humain », livrant un témoignage personnel sur la guerre et l’engagement. Il publie également Nos rêves de pauvres (2017), récit intime consacré à son père et à l’histoire de l’immigration algérienne en France.Son travail journalistique et littéraire se caractérise par une écriture directe, incarnée et accessible, nourrie d’expériences vécues. À travers ses chroniques et ses livres, il questionne les rapports de pouvoir, les inégalités sociales et la possibilité de s’affranchir des assignations.Au sein du Courrier de l’Atlas, il contribue au développement éditorial numérique et apporte une voix singulière, à la croisée du récit autobiographique, de l’analyse sociale et du témoignage engagé.