Municipales à Marseille : Michèle Rubirola est élue pour diriger la ville

 Municipales à Marseille : Michèle Rubirola est élue pour diriger la ville

BORIS HORVAT / AFP

La ville phocéenne ne fait décidément rien comme tout le monde. On peut même dire qu’il y a du “Pagnol” dans ce 3ème tour des élections municipales à Marseille. Si Michèle Rubirola est élue à la Mairie de la 2nde ville de France, elle doit ce marathon politique à une loi édictée par l’ancien maire de Marseille et ministre de l’intérieur, Gaston Deferre.

 

Il était dit à travers l’histoire que l’élection du premier édile dans la ville phocéenne ne ressemblerait à aucune autre. Les municipales à Marseille ont toujours tourné à une galéjade digne de l’auteur de la région, Marcel Pagnol. Finalement, Michèle Rubirola aura du attendre le 2nd tour du 3ème tour pour devenir l’édile de la cité phocéenne. Retour sur cette élection particulière.

 

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Candidat(e)s et faiseurs de reine.

En 2020, on aura vu s’affronter 2 femmes qui n’ont pas réussi à avoir la majorité absolue. D’un coté,  Michèle Rubirola (ex-EELV) et son collectif citoyen de 42 élus qui en termes de voix, remporte l’élection de 13 000 voix, mais sans majorité absolue. De l’autre, Martine Vassal (LR) et ses 39 élus de droite qui décide de se désister pour Guy Tessier (75 ans).

Dans les deux cas, il manque des voix pour pouvoir passer. La sénatrice, Samia Ghali, ancienne socialiste, espère peser de son poids des quartiers populaires et ses 8 voix. De l’autre, le Rassemblement National, mené par Stéphane Ravier qui espère bien profiter de la confusion pour créer la division à droite.

Une semaine rocambolesque et un 3ème tour inédit

Après des tractations en coulisses, la candidate LR aux municipales à Marseille laisse sa place à Guy Tessier, doyen de l’assemblée. La droite se divise pourtant entre ceux qui ne se disent pas contre une alliance avec le Rassemblement National et ceux qui sont sans appel face au parti frontiste. Une candidature dissidente LR de Lionel Royer-Perreault voit le jour. Il décidera finalement le jour du vote de se retirer et d’accorder à Guy Teissier la “présomption de confiance”.

De son côté, le parti frontiste choisit de ne pas présenter de candidat à ce 3ème tour. Il refuse même de participer à un vote de “magouilleurs et de marchands de tapis”, selon les mots de Stéphane Ravier, perdant de la mairie du 7ème secteur.

De son côté, Samia Ghali, forte de ses 8 voix, propose d’être la 1ère adjointe de Michèle Rubirola, qui refuse la proposition. Dés lors, Samia Ghali se dit libre de donner les voix des quartiers populaires à qui ils veulent. Elle finira même par créer la surprise en se présentant au 3ème tour des municipales à Marseille

2 tours pour le 3ème tour

Pour ce troisième tour, les conseillers municipaux doivent départager entre Guy Teissier (LR), Michèle Rubirola (Printemps Marseillais) et Samia Ghali (DVG).

Lors du premier scrutin dans l’hôtel de ville, Michèle Rubirola fait le plein (42 voix). Guy Teissier perd un bulletin nul et se retrouve à 41 alors que Samia Ghali se voit créditer des 8 voix.

Après une longue pause déjeuner, Samia Ghali appelle finalement à voter pour la candidate citoyenne. Elle sera d’ailleurs applaudi pendant le vote. Michèle Rubirola est définitivement élue par 51 voix contre 41 voix pour le candidat de droite.

Cette situation rocambolesque, on la doit à un ancien maire, Gaston Deferre. Sentant arriver le “mistral” de la défaite, il décide de créer ce troisième tour.

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Un troisième tour imposé en 1983 par…la gauche !

En effet, en 1983, le maire sortant sait qu’il ne pourra conserver la ville aux municipales à Marseille. Les divisions avec le Parti Communiste risquent de lui coûter son siège. Fin stratège politique, le “vieux lion” est alors ministre de l’intérieur. Il décide de mettre sur le devant de la scène, la loi dite PML (Paris,  Marseille, Lyon). Ce texte crée des mairies annexes, des conseils d’arrondissement et un “troisième tour” à l’américaine pour l’élection du maire.

Après un découpage chaloupé, le maire de Marseille se concocte une possibilité de repasser au poste de premier édile. Il y arrivera en 1983. Cela profite à son rival Jean-Claude Gaudin, ancien de la liste Deferre en 1965. Enfin, il prendra la mairie trente ans plus tard.

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Yassir GUELZIM

Journaliste Print et web au Courrier de l'Atlas depuis 2017. Ancien de RFI, LCI, France Inter. Producteur et réalisateur (Arte Reportage, France24, France tv).