Maroc. Le Sahara divise encore…

 Maroc. Le Sahara divise encore…

Devant l’immobilisme qui marque les négociations sur le Sahara


Au même titre que les précédentes rencontres, le 9ème round des négociations informelles entre le Maroc et le Polisario s’est soldé par un échec. Pourtant, le récent rapprochement entre Rabat et Alger laissait espérer d’éventuelles avancées sur le dossier du Sahara, principal obstacle à une intégration maghrébine tant souhaitée. (Photo AFP)




 


« Je souhaite réitérer que le Maroc est attaché à trouver une solution novatrice, (…), un règlement politique mutuellement acceptable pour les parties », a déclaré le ministre des Affaires étrangères Saâdeddine El Othmani, à la tête d’une délégation marocaine composée également du secrétaire général du CORCAS (Conseil royal consultatif pour les affaires sahariennes), ainsi que de Yassine Mansouri, le puissant patron de la DGED (services de renseignements extérieurs).


Le chef de la diplomatie marocaine a notamment appelé à « un règlement définitif à ce différend artificiel qui n’a que trop duré », faisant écho aux déclarations du chef de gouvernement, Abdelilah Benkirane, en faveur d’une nouvelle Union du Maghreb Arabe et d’un rapprochement avec le voisin algérien.


 


Dialogue de sourds


Malgré ces déclarations de bonnes intentions, et en dépit du soutien de la France et des USA à la proposition marocaine d’autonomie, c’est à un autre son de cloche auquel nous avons droit de la part de l’émissaire des Nations Unies pour la région, Christopher Ross : « Ces pourparlers n’ont apporté aucun progrès sur le fond. Chaque partie continue à rejeter la proposition de l’autre comme base unique des négociations à venir ».


Ross a confirmé la visite qu’il effectuera dans la région en mai prochain, prévoyant notamment « une visite étendue au territoire du Sahara ». La visite de l’émissaire des Nations Unies vise à assurer un terreau favorable au prochain round de négociations entre les parties, prévu pour l’été prochain.


 


Cap sur Washington


Devant l’immobilisme qui marque ces négociations, la diplomatie marocaine semble vouloir renforcer ses actions de lobbying. Après avoir demandé avec insistance l’application de la résolution onusienne portant sur le recensement des populations des camps de Tindouf, Saâdeddine El Othmani entame dès demain une visite officielle à Washington, moins d’un mois après la visite au Maroc de Hillary Clinton.


A l’ordre du jour de cette visite, le renforcement des relations politiques et économiques entre les deux pays. Sur le plan politique, Washington a depuis longtemps exprimé son soutien au gouvernement Benkirane, notamment en appuyant récemment la proposition d’autonomie marocaine pour le Sahara et en prévoyant des consultations politiques régulières entre les deux pays.


El Othmani compte clairement gagner des marges de soutien politique en activant la diplomatie économique. Un forum d’hommes d’affaires verra le jour à l’occasion de cette visite, destiné à renforcer les échanges économiques entre le Maroc et les USA, qui sont liés par un accord de libre-échange depuis 2006.


Zakaria Boulahya




 

Zakaria Boulahya