A Gaza, des jeunes « pour briser la déprime de l’enfermement » naviguent sur un bateau construit avec des bouteilles en plastique

 A Gaza, des jeunes « pour briser la déprime de l’enfermement » naviguent sur un bateau construit avec des bouteilles en plastique

Cinq jeunes Palestiniens ont construit un bateau avec des bouteilles en plastique. AFP PHOTO / MOHAMMED ABED


C’est un joli pied de nez fait à Israël. Cinq jeunes Palestiniens ont construit un bateau avec des bouteilles en plastique pour briser «la déprime de l'enfermement à Gaza», a expliqué à l’AFP, Baha Obeid, un électricien de 25 ans. Ils n’ont pas eu d’autre choix que d’utiliser du plastique parce qu’Israël, qui pratique un blocus sur Gaza depuis 2007, interdit l'entrée de nombreux matériaux dans l'enclave. 


 


La Matpash, une autorité militaire israélienne en charge des questions économiques et sécuritaires, décide de manière souveraine, semaine par semaine, ce qui peut passer ou non dans les camions de manière légale. Seulement trente à quarante produits de première nécessité font ainsi partie de la liste « officielle ». 


 


« Au bout de deux-trois mois et avec un minuscule budget de 500 dollars, notre bateau était en mesure de prendre la mer », a continué Baha Obeid. «Ca a pris un peu de temps parce qu'au moment où on le construisait, il n'y avait que six heures d'électricité par jour, donc les soudures de la structure en fer ont pris du temps», a tenu à préciser de son côté Mohamed Obeid, un des autres inventeurs.


 


« Il a fallu près d'un millier de bouteilles », précise encore cet avocat de 25 ans. «On peut pêcher, faire un tour en mer», grâce à ce bateau «fait avec nos petits moyens», du recyclage et une idée «nouvelle et un peu bizarre». 


 


Mais leur barque ne peut pas aller vraiment très loin : l’armée israélienne interdit aux bateaux palestiniens d’aller plus loin que six miles nautiques, soit un peu plus de 11 kilomètres.


 


 


Nadir Dendoune
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Nadir Dendoune

Nadir Dendoune est journaliste, chroniqueur, écrivain et réalisateur. Il collabore à la rédaction web du Courrier de l’Atlas, où il publie des chroniques et des récits mêlant engagement social, regard critique et expérience personnelle. Né à Saint-Denis de parents algériens, il s’est fait connaître du grand public par son parcours atypique et ses défis hors normes. Aventurier autodidacte, il entreprend un tour du monde à vélo avant de gravir l’Everest sans expérience préalable de l’alpinisme. Cette ascension donne naissance à son livre Un tocard sur le toit du monde (2010), récit autobiographique devenu un succès d’édition et adapté au cinéma en 2017 sous le titre L’Ascension.Auteur engagé, Nadir Dendoune explore dans ses ouvrages les thèmes de l’identité, de l’immigration et des fractures sociales. Dans Lettre ouverte à un fils d’immigré, il s’adresse à la jeunesse issue des quartiers populaires et interroge les déterminismes sociaux. Avec Journal de guerre d’un pacifiste, il revient sur son arrestation en Irak en 2003 alors qu’il servait de « bouclier humain », livrant un témoignage personnel sur la guerre et l’engagement. Il publie également Nos rêves de pauvres (2017), récit intime consacré à son père et à l’histoire de l’immigration algérienne en France.Son travail journalistique et littéraire se caractérise par une écriture directe, incarnée et accessible, nourrie d’expériences vécues. À travers ses chroniques et ses livres, il questionne les rapports de pouvoir, les inégalités sociales et la possibilité de s’affranchir des assignations.Au sein du Courrier de l’Atlas, il contribue au développement éditorial numérique et apporte une voix singulière, à la croisée du récit autobiographique, de l’analyse sociale et du témoignage engagé.