Des militants anti-apartheid demandent à Juliette Gréco de ne pas chanter en Israël

 Des militants anti-apartheid demandent à Juliette Gréco de ne pas chanter en Israël


Le 4 mai prochain, Juliette Gréco, 88 ans, fille de résistante, femme de gauche, ira chanter  à Tel Aviv en Israël. Une décision surprenante que ne comprennent pas les militants BDS (Boycott Désinvestissement Sanctions). Dans un communiqué, BDS France qui relaie dans l'Hexagone la campagne internationale lancée en Palestine en 2005 et qui appelle à exercer diverses pressions économiques, académiques et culturelles sur Israël, demande à Juliette Gréco de revenir sur sa décision. 


« Vous faites partie des artistes qui ont traversé le temps et dont les chansons et l’histoire sont connues de tous. A travers vos chansons, vous véhiculez des valeurs telles que la justice, l’amour de la liberté.  A de nombreuses reprises vous avez fait acte de résistance, comme au Chili sous le gouvernement de Pinochet où courageusement vous vous êtes lancée dans un répertoire de chansons antimilitaristes.

Au nom de ces valeurs, nous vous interpellons sur le concert où vous êtes annoncée à Tel-Aviv le 4 mai prochain ». 





En 2012, face aux pressions des militants de BDS, Lara Fabian, la chanteuse belgo-italienne, bien connue du public français, avait dû annuler son concert en Israël. De même qu’Oumou Sangaré, l'artiste malienne, contrainte de faire marche arrière en 2011, ou encore le chanteur norvégien Moddi en 2014. 

La campagne BDS France rappelle encore dans sa lettre ouverte à Juliette Gréco que « L’Etat d’Israël admet ouvertement qu'il utilise les artistes internationaux comme vous pour tenter de redorer son image ». BDS espère ainsi que pour sa dernière tournée, la chanteuse française fera un autre choix, « que celui de blanchir et de normaliser par votre concert là-bas l’occupation, la colonisation et l'apartheid israélien ». 

Lui demandant enfin de prendre exemple sur d'autres artistes qui, eux, ont « refusé de participer  au blanchiment des crimes de l'Etat d'Israel ». Et de citer pêle-même: Roger Waters, Elvis Costello, Carlos Santana, Annie Lennox, Vanessa Paradis,  ou encore Massive Attack, Peter Brook, Susan Sarandon, Ken Loach et Mike Leigh….


Nadir Dendoune

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Nadir Dendoune

Nadir Dendoune est journaliste, chroniqueur, écrivain et réalisateur. Il collabore à la rédaction web du Courrier de l’Atlas, où il publie des chroniques et des récits mêlant engagement social, regard critique et expérience personnelle. Né à Saint-Denis de parents algériens, il s’est fait connaître du grand public par son parcours atypique et ses défis hors normes. Aventurier autodidacte, il entreprend un tour du monde à vélo avant de gravir l’Everest sans expérience préalable de l’alpinisme. Cette ascension donne naissance à son livre Un tocard sur le toit du monde (2010), récit autobiographique devenu un succès d’édition et adapté au cinéma en 2017 sous le titre L’Ascension.Auteur engagé, Nadir Dendoune explore dans ses ouvrages les thèmes de l’identité, de l’immigration et des fractures sociales. Dans Lettre ouverte à un fils d’immigré, il s’adresse à la jeunesse issue des quartiers populaires et interroge les déterminismes sociaux. Avec Journal de guerre d’un pacifiste, il revient sur son arrestation en Irak en 2003 alors qu’il servait de « bouclier humain », livrant un témoignage personnel sur la guerre et l’engagement. Il publie également Nos rêves de pauvres (2017), récit intime consacré à son père et à l’histoire de l’immigration algérienne en France.Son travail journalistique et littéraire se caractérise par une écriture directe, incarnée et accessible, nourrie d’expériences vécues. À travers ses chroniques et ses livres, il questionne les rapports de pouvoir, les inégalités sociales et la possibilité de s’affranchir des assignations.Au sein du Courrier de l’Atlas, il contribue au développement éditorial numérique et apporte une voix singulière, à la croisée du récit autobiographique, de l’analyse sociale et du témoignage engagé.