Ahed Tamimi devrait être libérée ce dimanche

 Ahed Tamimi devrait être libérée ce dimanche

Un portrait géant de quatre mètres de haut d’Ahed Tamimi a été peint sur le mur de l’annexion en Cisjordanie occupée. Photo : DR


Le village palestinien de Nabi Saleh est en pleine ébullition. Ce dimanche 29 juillet, une de ses héroïnes Ahed Tamimi devrait sortir de prison, comme l'a indiqué sur son compte Twitter Gaby Lasky, son avocate. Sa mère, également incarcérée devrait elle aussi être libérée. 


L'adolescente de 17 ans, une Palestinienne aux yeux bleus, à la peau claire et aux boucles blondes est devenue le symbole de la lutte contre l’occupation israélienne après qu'une vidéo la montrant giflant un soldat en Cisjordanie occupée fit le tour du monde.


Le 15 décembre 2017, Ahed Tamimi prenait à partie un soldat israélien qui s’était présenté devant la maison familiale. Peu avant, son cousin Mohammed avait eu la boîte crânienne fracassée par une balle en caoutchouc. Il est aujourd'hui défiguré. Ahed Tamimi s’était avancée avec sa cousine. Sa mère Nariman filmait. Pour cela, elle écopera de la même peine de prison que l’adolescente. 


Détenue depuis décembre 2017, Ahed Tamimi avait  été condamnée à huit mois de prison en mars 2018.


Gideon Levy est un journaliste israélien, connu dans le monde entier pour son soutien au peuple palestinien. Ce 25 juillet, il a tenu à rendre hommage dans les colonnes d'Haaretz à Ahed Tamimi.


"Pendant qu’Ahed était en prison, la Cisjordanie a sombré dans sa torpeur estivale, prise dans des dissensions internes et des disputes. La Cisjordanie a besoin d’Ahed. La résistance a besoin d’Ahed. Non pas qu’une jeune fille puisse changer le monde, mais la génération d’Ahed doit être la prochaine génération de la résistance. La génération qui l’a précédée est perdue; ses enfants ont été tués, blessés, arrêtés, emprisonnés, désespérés, fatigués, exilés ou ils ont rejoint la bourgeoisie. Oui, on peut être Israélien et soutenir les Palestiniens qui résistent à l’occupation, comme Ahed Tamimi, et leur souhaiter du succès. En réalité, il faut le faire. Avec ses mains nues et son allure saisissante, Ahed constitue l’espoir pour l’avenir, une inspiration pour les autres". 


Nadir Dendoune

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Nadir Dendoune

Nadir Dendoune est journaliste, chroniqueur, écrivain et réalisateur. Il collabore à la rédaction web du Courrier de l’Atlas, où il publie des chroniques et des récits mêlant engagement social, regard critique et expérience personnelle. Né à Saint-Denis de parents algériens, il s’est fait connaître du grand public par son parcours atypique et ses défis hors normes. Aventurier autodidacte, il entreprend un tour du monde à vélo avant de gravir l’Everest sans expérience préalable de l’alpinisme. Cette ascension donne naissance à son livre Un tocard sur le toit du monde (2010), récit autobiographique devenu un succès d’édition et adapté au cinéma en 2017 sous le titre L’Ascension.Auteur engagé, Nadir Dendoune explore dans ses ouvrages les thèmes de l’identité, de l’immigration et des fractures sociales. Dans Lettre ouverte à un fils d’immigré, il s’adresse à la jeunesse issue des quartiers populaires et interroge les déterminismes sociaux. Avec Journal de guerre d’un pacifiste, il revient sur son arrestation en Irak en 2003 alors qu’il servait de « bouclier humain », livrant un témoignage personnel sur la guerre et l’engagement. Il publie également Nos rêves de pauvres (2017), récit intime consacré à son père et à l’histoire de l’immigration algérienne en France.Son travail journalistique et littéraire se caractérise par une écriture directe, incarnée et accessible, nourrie d’expériences vécues. À travers ses chroniques et ses livres, il questionne les rapports de pouvoir, les inégalités sociales et la possibilité de s’affranchir des assignations.Au sein du Courrier de l’Atlas, il contribue au développement éditorial numérique et apporte une voix singulière, à la croisée du récit autobiographique, de l’analyse sociale et du témoignage engagé.