Mal-logement : pour le préfet de Police, les associations entretiendraient le sans-abrisme

Des personnes sans-abri occupaient le parvis du Samu social de Paris avant leur évacuation le 13 août 2026. © Simon WOHLFAHRT / AFP
Au cœur de l’été, suite à l’évacuation de personnes sans-abri qui occupaient le parvis du Samu social, la Préfecture de Police accusait les associations. Utopia 56 s’indigne de ces propos.
En bref
- Le préfet de Police Patrice Faure a accusé des représentants associatifs d’inciter des familles à réoccuper des lieux inappropriés.
- Ces propos font suite à l’évacuation, le 13 août, de 400 personnes sans-abri du parvis et des locaux du Samu social.
- Utopia 56 dénonce une communication « dangereuse et indigne » et estime que les associations sont directement visées.
- L’association reproche également à la préfecture de Police de passer sous silence la violence de l’expulsion.
- Selon la préfecture, 62 personnes ont été orientées vers des sas d’accueil temporaires et 52 autres se sont vu proposer un hébergement en Île-de-France.
Les associations ont été directement visées par le Préfet de Police. Dans un communiqué (26 août), Utopia 56 fustigeait une « communication dangereuse et indigne » de M. Patrice Faure qui « se permet d’accuser les associations d’être les « coupables » du sans-abrisme en France ». Des propos qui remontent au 13 août dernier.
Suite à un retrait massif du nombre de places en hébergement d’urgence des personnes sans abri, des salariés en grève et 400 personnes sans-abri occupaient le parvis et les locaux du Samu social (Paris 13). Ils ont tous été évacués sur ordre de la préfecture de Police.
« Ceux qui accusent l’État de ne pas assumer ses responsabilités sont ceux qui par lâcheté, ou plus simplement par fausse philanthropie, incitent ces familles à réoccuper des lieux inappropriés » accusait alors le Préfet de Police sur le réseau social X.
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Expulsion violente ?
Utopia 56 regrettait qu’avec ces allégations la préfecture de Police nourrisse « les fantasmes de l’extrême-droite sur des associations qui « entretiendraient » elles-mêmes le sans-abrisme ».
De plus, l’association reprochait au Préfet de passer sous silence la violence de l’expulsion du 13 août. La CGT, alors présente sur les lieux, relatait une intervention musclée :
« alors que le sous-préfet venait de garantir que seuls les agents de la préfecture rentreraient dans le camp pour orienter vers des solutions de prise en charge, les forces de l’ordre sont entrées massivement et en force (…), en utilisant également la technique de « clé d’étranglement » sur les grévistes du Samu-social et de nombreux militants de la CGT ».
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Anonymat
Suite à l’évacuation, selon la préfecture, sur les 400 personnes sans-abri, 62 ont été orientées vers des sas d’accueil temporaires, tandis que 52 autres se sont vues proposer un hébergement en Île-de-France « au titre du Service Intégré d’Accueil et d’Orientation ».
« Fort mal conseillés par des représentants associatifs davantage mus par leurs intérêts propres que par l’humanité dont ils s’arrogent le monopole, certains occupants n’ont pas souhaité bénéficier des solutions proposées et se retrouvent désormais à la rue, en pleine canicule » accusait alors le préfet de Police.
Hier (26 août), Utopia 56 s’indignait de telles accusations : « Sans les nommer, l’un des plus hauts fonctionnaires de l’État s’attaque à Utopia 56 et aux représentants en grève du Samu social de Paris, soit à celles et ceux qui se mobilisent quotidiennement, jour et nuit, pour lutter contre le sans-abrisme ».
L’association s’estimait donc directement visée par le Préfet mais « il sait qu’en maintenant l’apparence de l’anonymat, en parlant de « représentants associatifs », il évite d’être poursuivi pour diffamation ».
Vos questions sur le sans-abrisme et les associations
Pourquoi Utopia 56 s’indigne-t-elle des propos du préfet de Police ?
Utopia 56 reproche à Patrice Faure d’accuser les associations d’être les « coupables » du sans-abrisme en France et estime être directement visée par ses propos.
Que s’est-il passé le 13 août au Samu social ?
Des salariés en grève et 400 personnes sans-abri occupaient le parvis et les locaux du Samu social (Paris 13). Ils ont été évacués sur ordre de la préfecture de Police.
Que reproche Utopia 56 à la préfecture de Police concernant l’expulsion ?
L’association lui reproche notamment de passer sous silence la violence de l’expulsion du 13 août.
Quelles solutions d’hébergement ont été proposées après l’évacuation ?
Selon la préfecture, 62 personnes ont été orientées vers des sas d’accueil temporaires et 52 autres se sont vu proposer un hébergement en Île-de-France au titre du Service Intégré d’Accueil et d’Orientation.
Pourquoi Utopia 56 parle-t-elle d’anonymat ?
L’association estime que le préfet, en parlant de « représentants associatifs » sans les nommer, évite d’être poursuivi pour diffamation.
