Aubervilliers – Boualem Benkhelouf, grand militant anti-raciste s’est éteint

 Aubervilliers – Boualem Benkhelouf, grand militant anti-raciste s’est éteint

Boualem Benkhelouf


Boualem Benkhelouf, immense militant anti-raciste et syndicaliste à la CGT s’est éteint vendredi 1er mai, comme il a été dans sa vie, en combattant jusqu’au bout. Ce vendredi, jour férié pour les travailleurs, comme un symbole, ce septuagénaire qui vivait dans le quartier de la Maladrerie à Aubervilliers (93) s’est éteint à l’hôpital après plus d’un mois passé en réanimation à l’hôpital Avicenne de Bobigny. Le Covid-19 a eu raison de lui. 


« C’est une grande perte. Il était très présent dans ma vie, il était comme un oncle pour moi », témoigne émue Manon Aounit, la fille de l’illustre Mouloud Aounit, ancien président du MRAP décédé en août 2012. 


Comme de nombreux élus, Boualem, maire adjoint à la démocratie locale à Aubervilliers, est tombé malade quelques jours après le premier tour des municipales. « Nous perdons un ami, un battant, un non résigné, un homme qui a toujours lutté contre les inégalités sociales, contre les discriminations et portait des valeurs de justice d'égalité. Il a fait beaucoup pour faire reconnaitre les massacres du 17 octobre 1961 où plusieurs dizaines d’Algériens furent massacrés à Paris par la police de Papon », enchaine la jeune femme de 28 ans.


« J’ai le cœur qui saigne à cause de ce terrible virus qui nous prend tout ce qui nous est cher. Il va raconter des choses à mon papa là-haut », lâche Manon. 


Boualem avait beaucoup œuvré avec le père de Manon, notamment au sein de « 93 au coeur de la République », une association créée en 2007 par Mouloud Aounit et dont Boualem était devenu le président après la mort d'Aounit. 


« C'est un jour triste pour Aubervilliers », a annoncé de son côté ce vendredi Meriem Derkaoui, la maire d'Aubervilliers (PCF) sur les réseaux sociaux.


« Il disait toujours qu'il fallait continuer à se battre », rappelle Manon. « On lui promet de continuer », conclut la jeune femme.  

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Nadir Dendoune

Nadir Dendoune est journaliste, chroniqueur, écrivain et réalisateur. Il collabore à la rédaction web du Courrier de l’Atlas, où il publie des chroniques et des récits mêlant engagement social, regard critique et expérience personnelle. Né à Saint-Denis de parents algériens, il s’est fait connaître du grand public par son parcours atypique et ses défis hors normes. Aventurier autodidacte, il entreprend un tour du monde à vélo avant de gravir l’Everest sans expérience préalable de l’alpinisme. Cette ascension donne naissance à son livre Un tocard sur le toit du monde (2010), récit autobiographique devenu un succès d’édition et adapté au cinéma en 2017 sous le titre L’Ascension.Auteur engagé, Nadir Dendoune explore dans ses ouvrages les thèmes de l’identité, de l’immigration et des fractures sociales. Dans Lettre ouverte à un fils d’immigré, il s’adresse à la jeunesse issue des quartiers populaires et interroge les déterminismes sociaux. Avec Journal de guerre d’un pacifiste, il revient sur son arrestation en Irak en 2003 alors qu’il servait de « bouclier humain », livrant un témoignage personnel sur la guerre et l’engagement. Il publie également Nos rêves de pauvres (2017), récit intime consacré à son père et à l’histoire de l’immigration algérienne en France.Son travail journalistique et littéraire se caractérise par une écriture directe, incarnée et accessible, nourrie d’expériences vécues. À travers ses chroniques et ses livres, il questionne les rapports de pouvoir, les inégalités sociales et la possibilité de s’affranchir des assignations.Au sein du Courrier de l’Atlas, il contribue au développement éditorial numérique et apporte une voix singulière, à la croisée du récit autobiographique, de l’analyse sociale et du témoignage engagé.